HistoireduVuache

Histoire de la montagne du Vuache en Haute-Savoie. Non loin de Genève et de l'Ain. Au bord du Rhône. Communes de : Eloise, Chene-en-Semine, Arcine, Clarafond, Chevrier, Vulbens, Valleiry, Dingy-en-Vuache, Savigny, Minzier, Jonzier, Vers, Chaumont

1939-45 - HistoireduVuache

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16.11.09

Frontière Haute-Savoie Genève, 39-45

fronti_reHSGLa frontière entre la Haute-Savoie et Genève, 1939-1945
Résister face aux occupants et au régime de Vichy

PROGRAMME

9h00-12h00 Présentation générale. Laurent NEURY

▪ Genève et ses quatre frontières : Vichy, les deux occupations allemandes, l'occupation italienne, Ruth FIVAZ-SILBERMANN

▪ Une frontière fermée, mythe ou réalité, Pierre FLOCKIGER

▪ La Suisse comme outil du sauvetage : les Juifs à la frontière franco-genevoise. Ruth FIVAZ-SILBERMANN

▪ « Va-et-vient d'une fermeture éclair » : les passages à la frontière franco-genevoise sous la Troisième République et sous Vichy. Sociographie des passeurs de frontière(s) de 1939-1945, Laurent NEURY

14h00-17h00       

▪ Les pères passeurs du Juvénat pendant la Seconde Guerre mondiale, Guénaél MORIO

▪ Les justes dans le clergé haut-savoyard portrait de groupe, Corinne BONAFOUX

▪ Le rôle de la presse genevoise dans la création du maquis savoyard (mars 1943), Claude BARBIER

L'affaire Carme : un des multiples secrets d'une frontière, Robert AMOUDRUZ

▪ Genève, échappatoire pour « collabos » frontaliers aux abois ? Luc VAN DONGEN

▪ La frontière franco-genevoise : un lieu de mémoire ? Laurent NEURY

13.01.09

Les Juifs dans les Alpes, 1938-1945

Le refuge et le piège : Les Juifs dans les Alpes - 1938-1945

Jean-William Dereymez juifs_alpes

Robert Redeker (Préfacier)

Paru le : 01/04/2008

Editeur : L'Harmattan 

Collection : La mémoire des Alpes

394 pages

Entre 1938, date de l'édiction par le fascisme italien des "Lois sur la race", faisant des Juifs étrangers vivant en Italie des expulsés en puissance et plongeant tous les Juifs italiens dans une situation précaire, et 1945, date de l'ouverture des camps d'extermination, la situation des Juifs dans les Alpes se dégrada à plusieurs reprises.
Peu nombreux dans l'entre-deux-guerres, au point que beaucoup de régions des Alpes les ignoraient, les Juifs se réfugièrent en nombre dans la partie française du massif, à portée de la Suisse, havre espéré, et Marseille, porte vers les Amériques. Certains parmi eux, du fait de la politique antisémite et xénophobe de Vichy et de l'occupation allemande - l'occupation italienne constituant, par un apparent paradoxe, un moment de calme propice à un nouvel afflux -, virent le refuge se muer en piège.
Même des lieux censés reculés n'échappèrent pas aux arrestations, rafles, déportations. Ces actes d'un colloque tenu à Grenoble en décembre 2004, dans le cadre du programme franco-italien Interreg " Mémoire des Alpes ", soutenu par l'Europe, la Région Rhône-Alpes, l'Assemblée des Pays de Savoie, les Hautes Alpes, permettent de faire le point sur un sujet jusque-là peu traité, surtout par sa perspective géographique, des deux côtés de la frontière, de Menton à Genève, de la côte ligure au Tessin ; par l'éventail des participants, italiens, suisses et français, mais aussi américain, israélien, par la richesse de ses problématiques, que résume l'interrogation : les Alpes furent-elles un piège ou un refuge pour les Juifs d'Europe persécutés ?.

Sommaire

  LOIS

La présence juive dans les régions alpines

Les caractéristiques de la législation anti-juive dans l'Italie fasciste

La presse française et l'antisémitisme en 1938

Le statut des juifs

Préfets et gendarmes français dans les Alpes face aux juifs réfugiés (1940-1944)

Les Alpes, la Suisse et les réfugiés politiques

  DEPORTATIONS

Des premiers recensement des juifs en Isère en 1941 au rafles de l'été 1942

Le cas de l'Isère

Le camp de Ruffieux et les déportations de 1942 en Savoie

Les juifs en Haute-Savoie pendant la seconde guerre mondiale

La déportation raciale depuis la province de Cuneo

  PARCOURS

Aux portes occidentales de l'Italie

Juifs étrangers dans l'arc alpin occidental

Pérégrinations des juifs étrangers dans les Alpes-Maritimes

Par la porte de secours

Oser Warzawski, un écrivain juif polonais dans les Alpes (1943-1944)

  RESISTANCES

Les juifs dans la résistance Azurienne

Des français suisses qui désobéirent pour sauver les juifs (1940-1944)

Prisonniers de l'espoir

Les juifs dans le sud du Piémont (1938-1945)

12.05.08

Paul Abrahams, Haute-Savoie 1939-45

note de lecture

Paul Abrahams

La Haute-Savoie contre elle-même : 1939-1945

Les Hauts-Savoyards vus par l’administration de Vichy

Edité par La Salévienne et l’Académie chablaisienne, 2006

Pour commander : http://www.la-salevienne.org/livresX.php?X=11

Un livre à encourager qui décrit la période de Vichy sans propagande, ni langue de bois, en utilisant les rapports officiels faits par l’administration de l’époque.

Un livre riche en informations sur la vie quotidienne, le pouvoir d’achat, les maquis, le marché noir etc.

Sommaire

I) La Révolution nationale

La Drôle de guerre, la Débâcle, triomphe de Vichy, Pétain, politique étrangère de Vichy, attitude / Britanniques

II) La réaction

Fin du consensus, la légion, le S.O.L., conditions matérielles, la survie en ville, ville et campagne, l’économie dirigée ça ne marche pas, attitude de l’opinion, antagonisme ville / campagne, conflits sociaux, la relève, le S.T.O., le clergé, les municipalités.

III) La résistance

Difficultés à vivre en hors-la-loi, le soutien aux réfractaires et maquisards, la milice, les mouvements de résistance, l’épuration, au lendemain de la Libération.

Citations

« Ayons le courage de le dire, au risque de tomber sous l’accusation de réflexe de défense corporatiste : l’histoire n’est pas la mémoire ». (intro de Christian Sorrel)

« L’histoire des périodes de crise n’est pas seulement celle des bons et des méchants » (idem)

« C’est également un ouvrage […] qui s’efforce d’échapper au débat débilitant relatif à la Résistance et à la Collaboration et qui examine au contraire les grandes préoccupations des Hauts-Savoyards, à savoir comment ils parvinrent à se nourrir, se vêtir et se chauffer pendant la guerre ». (Paul Abrahams, page 13)

« Jean-François Lyotard a beaucoup écrit au sujet des métarécits, des grands métarécits et des grands récits modernes, qu’il a décrits comme étant des récits universels essentiellement optimistes. Sa formule la plus célèbre est la suivante : En simplifiant à l’extrême, je définis le postmodernisme comme l’incrédulité à l’égard des métarécits“. Lyotard entendait par là que la condition postmoderne se caractérise par un scepticisme de plus en plus répandu à l’égard des métarécits, tels que la marche du progrès, qui ont, pense-t-on, contribué à façonner la pensée occidentale au cours de la période moderne. […] Les métarécits ayant trait à la France pendant la Deuxième Guerre Mondiale restent extrêmement forts. » (idem)

« Les métarécits courants relatifs à la Haute-Savoie sous Vichy sont entachés d’erreurs ». (idem)

« Les habitants des grands centres urbains commencèrent à souffrir des conditions de ravitaillement de plus en plus précaires et d’une aggravation des taux de mortalité. Les citadins rejetèrent sur les paysans et l’administration la détérioration de leur condition. […] Cette détérioration du niveau de vie […] prépara également le terrain pour les affrontements qui opposèrent les maquisards originaires des villes à de nombreuses communautés rurales catholiques. » (Paul Abrahams, page 17)

24.01.08

Chronique d’une France occupée

chronqueChronique d’une France occupée : les rapports confidentiels de la gendarmerie 1940-1945.

Jean-Marie Pontaut ; Eric Pelletier, Solène Durox, Julien Arnaud

Extraits

La nasse de Collonges-sous-Salève

Joseph détaille les événements qui l'ont conduit jusqu'ici depuis que sa famille a fui Leipzig en septembre 1939. […]. Au mois de septembre I942, ayant appris que allions être arrêtés et conduits en Allemagne, j'ai quitté Mornant avec ma femme et mes deux enfants et je me suis réfugié à Lyon. Depuis l’occupation de la zone libre par les troupes allemandes, je ne me sentais plus en sécurité à Lyon et j'avais décidé depuis quelques jours de me réfugier en Suisse avec mon fils Siegfried, âgé de treize ans. Ma femme est restée à Lyon avec notre fille, âgée de douze ans, 80, rue Rabelais, chez Mme B.», pré­cise-t-il. Le 10 décembre, à 6 heures, le père et le fils ont sauté dans un train et pris un bus qui les a conduits à Saint-Julien-en-Genevois, où ils sont arrivés vers 13 heures. « Nous avons attendu la nuit dans cette ville, puis, vers 21 heures, nous nous sommes dirigés vers Collonges, avec l'intention de franchir la frontière franco-suisse », reconnaît Joseph. […]

En 1942, avec la mise en place de la « solution finale » par I’AIIemagne nazie, les flux s'inversent. Cette fois, on fuit. Des couples et des familles tentent entières, de confession juive, comme les Garfunkel, tentent de passer la frontière, d'atteindre cette pointe avancée de la Suisse qu'est Genève. […]

« En arrivant au lieu-dit Pont-de-Combe, à proximité de Collonges, vers 22 heures. j'ai rencontré un homme paraissant être de nationalité étrangère, accom­pagné d'un enfant de douze ou treize ans. L'homme m'a demandé où il pourrait franchir la frontière franco-suisse, j en m'expliquant qu'il était juif polonais et désirait se rendre en Suisse avec son fils. [...] Je me suis mis en route vers Bossey ». […]

Écoutons maintenant le témoignage de Willi Wolfradt, « réfugié allemand », « de race juive », âgé de cinquante ans. Arrivé en France en avril 1933, il était assigné à résidence à Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), lorsque, en cette fin de décembre 1942, il tente de gagner la Suisse avec sa femme, Jeanne, un sac tyrolien sur l'épaule. […]

La famille Veil a ainsi témoigné que, le 25 décembre 1943, une certaine Geneviève Pittet a aidé leur fils, Antoine, à franchir la frontière à pied, depuis Saint-Julien-en-Genevois. Trois autres membres de la famille Veil auront la vie sauve, passant par le même iti­néraire. […]

Si des commerçants acceptent de fermer les yeux, d'autres signalent les allées et venues suspectes. […]

L'Hôtel du mont Salève, tenu par Auguste P., devient pour beaucoup le refuge d'une nuit, l'ultime étape avant la Suisse. Les paysans du coin ne sont pas dupes. Ils ont bien remarqué le manège. […]

Le 28 août 1942, en pleine nuit, les militaires planquent près du réseau de fils de fer barbelés qui marque la frontière franco-suisse. Ils savent ce qu'ils cherchent. « À 0 h 15, nous avons vu venir de la direction de Collonges et se diriger vers les fils de fer barbelés placés à l'extrême frontière les quatre personnes signalées. »

15.12.07

Les mémoires d'un dirigeant communiste

Les mémoires de Jean Vittoz, communiste

Jean Vittoz, Sur la Grand’ Route… de ma vie, vers 1984.

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Les communistes haut-savoyards font rarement l’objet d’études, sauf à propos de leur rôle en 1940-1945. Voici l’autobiographie d’un de leurs dirigeants.

Jean Vittoz naît en 1908 aux Abrets (Isère). Dans la localité, deux usines de soieries avec une main d’œuvre féminine étroitement surveillée. Le père répare vélos et motocyclettes tandis que la grand-mère fait les lessives chez les bourgeois. Imagine-t-on que les oranges ne sont vendues qu’en fin d’année et que l’auteur voit sa première banane à l’âge de dix-huit ans ? La famille prend son bain dans un bac qui se trouve dans l’écurie. On s’épouille. Il y a onze enfants.

Heureusement de petites choses améliorent l’ordinaire : la grand-mère possède un jardin et une vigne, on rapporte des fruits d’une maison bourgeoise et en 1915 le père dont l’activité mécanique est devenue indispensable se fait payer en nature. La famille vit donc « non pas pauvrement mais avec économie ».

Mais Jean a horreur de la mécanique et ne veut pas devenir mécano comme papa. Il fera des études, lui ! Il sortira de la condition ouvrière, lui ! Hélas, après le certificat et une première année de cours supérieur, le manque d’argent l’oblige à arrêter. Il a quatorze ans. Coup de chance, un pharmacien lui enseigne alors le métier de préparateur. Les industries pharmaceutiques étant peu développées, il faut préparer sur place la plupart des médicaments (non remboursés). Il faut beaucoup lire pour apprendre les dosages. Parfois on herborise en montagne. Jean travaille en Isère et Haute-Savoie, surtout à Annemasse et Genève et touche 1800 F par mois, un bon salaire.

Finalement, sur le plan professionnel il s’en est bien sorti. Mais il était devenu sociologiquement différent de sa famille. Le communisme lui permettra d’assumer cet écart, de rester symboliquement fidèle à son père ( = la condition ouvrière) tout en ayant sa propre vie.

Sur le plan politique Jean venait d’une famille où jusqu’en 1914 les hommes adhéraient à la SFIO et chantaient Montéhus. Arrive la guerre de 1914 qui bouleverse tout. La mère a du mal à toucher les allocations militaires, cas fréquent. Leur patriotisme est meurtri. La révolution russe de 1917 enthousiasme ces républicains déçus et ils la considèrent comme un deuxième 1789. Au café les discussions vont bon train. Jean sympathise avec les frères Cuaz, un maréchal-ferrant et des ouvriers « pas trop mal payés », syndicalistes SFIO qui préfèrent les réformes douces aux violences révolutionnaires. En 1920 au congrès de Tours, le père de Jean vote pour la motion bolchevique. Deux députés locaux adhèrent au PCF.

En Isère comme en Haute-Savoie, ces premiers communistes sont surtout des ouvriers et des artisans. Parmi eux, des « anarcho-syndicalistes » combatifs mais peu disciplinés. Il faudra des années au PCF pour les faire marcher au pas ou les éjecter. Pendant les années 1920 les rangs communistes fondent comme neige au soleil.

Jean Vittoz est impressionné par Just Songeon, instituteur savoyard devenu communiste et candidat aux législatives de 1920. Il admire aussi Lucie Colliard, institutrice savoyarde féministe et communiste qui « avait la parole aisée ». Le frère de Jean milite contre la guerre au Maroc. En 1929-1931, pendant son service, Jean qui a adhéré depuis peu rencontre un sergent-chef qui le protège contre la répression, un prêtre marqué par les fusillades de mutins en 1917.

Ces premiers communistes qui mythifient la ville et l’usine ont du mal à établir le contact avec la ruralité savoyarde, d’où leur marginalité et l’amertume qui en découle. « Il faut avoir vécu cette époque pour comprendre ce qu’il a fallu d’énergie, de volonté pour affronter les électeurs en Haute-Savoie en majorité paysans ». « Il faut dire qu’avant 1939, le Parti comptait environ 120 adhérents répartis sur Annecy, Annemasse, Faverges, La Roche, Le Fayet, Cluses, Thonon, Evian, quelques paysans à Machilly, Cervens. Le Parti recrutait ses adhérents dans le usines de SNR (roulements à billes), la SNCF, la douane, les pêcheurs du Léman, les ouvriers du Livre ».

Dans les années 1930, Jean Vittoz milite à Lyon dans le quartier populaire du Bachut, insalubre. Il combat avec courage pour l’amélioration des conditions de vie qui étaient tout à fait déplorables. Que les générations futures lui en soient reconnaissantes !

Le moment est venu de prendre du pouvoir et des responsabilités. Il entre au Bureau fédéral du PCF et se présente aux cantonales. Les grèves de 1936 l’exaltent. Il milite aussi au syndicat. En 1937 il est licencié à cause de ses idées et visite l’URSS.

Arrive la guerre, période à laquelle l’essentiel du livre est consacré. En 1940 Vittoz reste en Haute-Savoie où il tente de reconstituer le Parti. Il cherche à reprendre contact avec les ouvriers CGT. Mais beaucoup hésitent, d’autres sont surveillés ou emprisonnés. Il faut vaincre « l’idée que Vichy était la meilleure solution, que Pétain avait évité le pire ». Jusqu’en 1941 la Légion était populaire, dit-il. Vittoz est à l’origine avec Pierre Girardot et Hubert Mugnier du « Manifeste à la population savoyarde » de février 1943. Il risque sa vie pour défendre la liberté et l’indépendance nationale.

Début 1943 la vague de refus du STO brise leur isolement. Jean s’occupe des FTP, organisation militaire proche du PCF et du Front national de l’époque, son équivalent civil.

A la Libération, auréolé du prestige de l’Armée rouge, le PCF a le vent en poupe. En Haute-Savoie le nombre de cartes grimpe de 200 à plus de 1000. Le journal communiste l’Etincelle tire à 3000 exemplaires. Jean est membre de la commission d’épuration du canton d’Annemasse et n’a guère de considération pour les autres partis. « A part le PCF, aucun parti politique en tant que tel n’avait fait de résistance » affirme-t-il trop rapidement… Selon lui, les élus d’avant 1939 étaient soit collaborateurs, soit trafiquants... Il en veut beaucoup à Louis Martel, député de droite.

Malgré les pressions, Jean refuse de devenir député, préférant laisser la place à Boccagny dont le PCF semble se méfier. Il devient conseiller général de 1946 à 1951 puis candidat aux législatives de 1958. En 1971 il prend sa retraite pour se consacrer aux associations d’anciens combattants.

Dans ce livre Jean Vittoz montre du talent. Les portraits de sa famille, du quartier ou de ses camarades sont émouvants.

Néanmoins, l’émotion ne saurait tenir lieu d’analyse. Ni le courage ou le dévouement. Il faut bien signaler une absence totale de sens critique. Pour Vittoz le Parti est infaillible, comme l’Eglise pour les grenouilles de bénitier. Sur nombre d’événements historiques, rien n’est dit ou si peu. L’essentiel du livre décrit l’enfance et la guerre, sujets suscitant l’unanimité et susceptibles d’offrir une légitimité à un parti affaibli. Mais peu de lignes sur 1936, la Guerre d’Espagne ou la Guerre d’Algérie. Absolument rien sur le pacte germano-soviétique, la Guerre froide ou Mai 1968. Rien sur la situation en Union soviétique. Rien sur les conflits internes au Parti. Que de silences !

En somme, un homme à la fois généreux et dévot.

N. D. du Mont Sion

Notre-Dame du mont sion, FH000030 patronne des voyageurs (à Vers)

(vers

NDVersIl décida de construire ce sanctuaire à la suite d’un voeu. La statue fut réalisée par Lucien Gracien, sculpteur à Lyon et inaugurée le 7 octobre 1945 en présence du chanoine Duval, de Chênex, vicaire général. Elle représente la Vierge portant l’Enfant Jésus sous son manteau et tenant une étoile. La première pierre fut bénite le 5 août 1953. Chaque premier dimanche d’août un pèlerinage s’y déroule. L’on y a une belle vue panoramique sur la plaine entre Salève et Crêt de la Neige.

Ce sanctuaire nous raconte une histoire d’entraide envers ceux qui sont obligés de franchir une frontière. Claudius Fournier naquit en 1895 et exerça comme curé de Vers de 1929 à 1961. Pendant la dernière guerre il aida des juifs et des résistants à passer la frontière franco-suisse. Etant convivial et même un peu farceur, il s’était créé un réseau d’amitiés qui se révéla utile. Souvent les juifs arrivaient en taxi. A l’entrée du village, Lise Tremblet les orientait dans la bonne direction. L’abbé les hébergeait chez lui ou chez Marguerite Lachat. Ils passaient à Chancy, Soral, à Annemasse chez le chanoine Jacquet, à travers l’exploitation des Verdonnet ou à Ville-la-Grand chez le père Favre. En 1944 l’abbé sauva le village des flammes quand les nazis s’avançaient depuis Chevrier brûlant tout sur leur passage.

Le préfet Yves Farges

Farge Yves, (1899-1953)

Préfet en Haute-Savoie à la Libération.

Avant la guerre, il est journaliste au Progrès de Lyon.

A l'armistice, il poursuit son travail et entre dans la résistance. Dès 1941, il collabore aux journaux de la Résistance et contribue à la fondation du mouvement Franc-Tireur. Il rencontre Jean Moulin en 1942 et se voit chargé du projet d'organisation militaire du Vercors.
Il est également membre du 1er Etat-major de l'Armée secrète (A S).

Après les arrestations de "Vidal" et de Jean Moulin en juin 1943, traqué par la Gestapo et la police de Vichy, Yves Farge monte à Paris où il est chargé, au nom du Conseil National de la Résistance (CNR), de présider le Comité d'Action contre la Déportation (CAD). Le CAD a en charge de renseigner la Résistance sur les intentions allemandes dans le cadre du STO, de fabriquer de fausses cartes de travail et d'alimentation, de distribuer des fonds aux maquis.

En avril 1944, Yves Farge est nommé Commissaire de la République pour la Région Rhône-Alpes. Il a sous sa responsabilité huit départements dont : l'Ain, la Savoie, la Haute-Savoie etc. II appuie le maquis du Vercors et organise les secours après l’invasion du plateau par les Allemands.

Le 21 août 1944, il parvient à se faire remettre les clés du Fort Montluc (Lyon) par le général allemand, sauvant 800 otages.

Le 3 septembre 1944, il assure pendant un an ses fonctions de Commissaire de la République avant de reprendre son métier.

En 1946, il est délégué du gouvernement pour assister aux expériences atomiques sur l'atoll de Bikini. La même année, il est nommé Ministre du Ravitaillement.

En 1947, il fonde le Mouvement des Combattants de la Paix et de la Liberté.

Principales publications :

Toulon, Editions de Minuit, Paris 1943
Sauvons nos gosses. A Megève, premier village d'enfants, Lyon 1945
Vent des fous, Paris 1946
Rebelles, soldats et citoyens. Souvenirs d'un Commissaire de la République, Paris 1946
Lettre au Président Truman, Paris 1949
La République est en danger, Paris 1950
La Guerre d'Hitler continue, Paris 1950
Le sang de la corruption, Paris 1951
Témoignage sur la Chine et la Corée, Paris 1952
Un simple mot, Paris 1953
Histoire vécue de la Résistance. Rebelle soldat et citoyen, carnet d'un Commissaire de la République, Genève 1971

sources :

http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/328.html

http://www.histoire-en-questions.fr/scene/epuration/scenefarges.html

http://www.mecanosprod.com/26_MINUTES/VILLAGE_D_ENFANTS.htm

http://www.canalacademie.com/Les-tribunaux-du-peuple-a-la.html

http://www.humanite.fr/journal/1996-06-28/1996-06-28-755301

http://www.maquisdelain.org/pveyret/ain.html

17.11.07

Brûlement de villages au pays du Vuache

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Robert Amoudruz

Brûlement de villages au pays du Vuache 1940-1945

Chronique du Genevois sous l’occupation

Editions la Salévienne 2004

Présentation du livre par Henry Chevalier (extrait du Quatre Pages publicitaire)

C'était il y a soixante ans. Le 16 août 1944, les Forces françaises de l'intérieur, avec leurs composantes principales : Armée secrète et Francs-tireurs partisans, passent à l'attaque pour libérer le département dé la Haute-Savoie sans aucune aide extérieure. Les objectifs ont été bien définis et répartis entre les diverses formations.

Dès le lever du jour, du Salève au Vuache la fusillade éclate. Tous les postes allemands de la zone frontalière sont attaqués. Pour la première fois, la population de cette région si proche de Genève entend le bruit des combats, le grondement sourd des explosions atténué par la distance, le claquement sec des fusils, le crépitement des rafales de mitraillettes et le miaulement strident des balles perdues. Au-delà du Rhône, la garnison allemande du fort de l'Ecluse, bien retranchée derrière les épaisses murailles de la forteresse, tire à la mitrailleuse lourde.

Le réveil est brutal.

Quelques paysans qui, comme chaque matin, se levaient très tôt pour traire les vaches, avaient bien vu des ombres se glisser furtivement pour rejoindre leurs postes de combat. Tout de suite, ils ont réalisé qu'en ce matin du 16 août 1944 une journée terrible commençait.

Les heures passent, lancinantes. Puis vient l'après-midi, toujours des tirs. Une rumeur circule, s'amplifie et se confirme : une grande partie des postes allemands ont été neutralisés. Ce n'est pas encore la joie car on dit qu'il y a des morts mais un certain soulagement s'installe qui a déjà un goût de liberté retrouvée. Bientôt le soleil décline à l'horizon.

Soudain, un cri repris par des milliers de poitrines : le feu...

Là-bas du côté du Vuache, sur les premières pentes du mont de Sion, des flammes immenses embrasent l'horizon. Ce sont des villages entiers qui brûlent.

Robert Amoudruz nous fait ainsi découvrir, pour les uns ou revivre, pour les autres, l'histoire dramatique de la libération de la zone frontalière du Genevois. Avec l'histoire des villages incendiés, des durs combats livrés, des habitants fuyant vers les bois et la montagne ou traversant la frontière suisse, des événements douloureux sont remis en mémoire.

Ce travail précis d'enquêtes, de recherches est, comme on peut le supposer, particulièrement pénible. Cette guerre de libération, elle-même issue d'une guerre secrète de trois années ne laisse que peu de traces. Les documents de cette époque sont peu nombreux. II était très dangereux pour les résistants de conserver des notes écrites. Le travail de l'historien en est donc d'autant plus compliqué. Constamment il faut être à l'écoute, rechercher encore, aller vers d'autres sources, solliciter d'autres résistants engagés dans ces opérations, avec tact et délicatesse, demander, écouter, analyser et enfin comparer les réponses obtenues avec les quelques documents retrouvés.

Avec sérieux Robert Amoudruz s'est courageusement impliqué dans cette recherche patiente. « Brûlement de villages au pays du Vuache » est ainsi le premier livre relatant cette période héroïque mais combien pénible, de notre histoire locale. A sa lecture, avec le tragique de cette guerre, comme le sont d'ailleurs toutes les guerres, les jeunes d'aujourd'hui pourront peut-être mieux apprécier le dévouement, l'abnégation des jeunes hommes de 1944 et le sacrifice librement consenti par nombre d'entre eux pour permettre à tous aujourd'hui de vivre libres et en paix.

TABLE DES MATIERES

1.    Faut-il oublier ?

2.   J’ai vu brûler mon village

3.  Une situation particulière

4.   Le temps du Maréchal

5.   Les outils du pouvoir

6.   La frontière

7.  L'armée secrète du lieutenant Charles

8.   Les FTP et la BRI

9.   La tension monte

10.  A la veille de l’insurrection finale

11. La journée du mercredi 16 août

12. La soirée du 16 août

1 3. La fin du cauchemar

14. De la Libération à la paix

Bibliographie et sources

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