22-07-08
Un autre site sur Dingy

Il y a un autre site que le mien sur Dingy-en-Vuache.
http://www.dingy-en-vuache.fr/histoire.html
Si j'ai bien compris (???) il est fait par le conseil municipal ou sous son autorité ?
On y voit des informations sur l'école, l'association des parents d'élèves, les réunions du conseil municipal, les fêtes locales, les animations pour les enfants, les heures d'ouverture de la mairie etc.
J'y ai fait un article sur quelques éléments du patrimoine historique : la maison-forte de Raclaz, les deux fruitières, l'ancienne école de Raclaz, l'ancienne église de Dingy-d'en-haut.
20-07-08
Cingria, La Reine Berthe
Charles-Albert CINGRIA, La Reine Berthe.
Editions l’Age d’Homme, Lausanne 1992.
Charles-Albert Cingria, romancier et poète suisse (1883-1954).
Dans sa préface l’auteur explique sa conception de l’histoire. Il refuse l’histoire comme science «dénégative». Par là, il accuse ainsi le «rénanisme», du nom d’Ernest Renan, un intellectuel du XIXe s qui tenta une lecture scientifique des évangiles. Le chrétien qu’était Cingria ne pouvait qu’être choqué. Maintenant dans les écoles suisses, on affirme même que Guillaume Tell n’a pas existé, gémit-il. A ce compte-là, il faut considérer que le Pôle Nord lui-même n’existe pas non plus. Pour exister il faut croire. Si l’on insiste sur les faits, c’est le règne de la tristesse, de l’anti-poésie.
On l’aura compris, Cingria n’a rien d’un historien. Celui qui utiliserait son livre pour comprendre le Xe siècle s’exposerait à des déconvenues. Il l’avoue lui-même, d’ailleurs : « c’est donc moins l’histoire que nous nous sommes proposés d’écrire que le témoignage de tour inimitable de ceux qui l’ont primitivement tracée ». Il veut produire « un spectacle », c’est un impressionniste. Ce livre doit être considéré comme un poème, un tableau, une aquarelle.
Cependant il pose de vraies questions. L’histoire totalement objective existe-t-elle ? « Nous ne connaîtrons jamais la calorie propre d’êtres que nous n’avons pas approchés » explique Cingria. Quoique l’on fasse, quoique disent les médiévistes, nous ne connaîtrons jamais vraiment Lothaire Ier mais plutôt l’image que transmettent de lui les textes et les miniatures. « Il ne faudrait dès lors que des images et, pour texte, le document même ».
Depuis Cingria, d’autres ont montré les limites du rationalisme, ce qui ne veut pas dire qu’il faut abandonner la rigueur. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.
Alain Robbe-Grillet, Le Miroir qui revient.
« Le réel est discontinu, formé d'éléments juxtaposés sans raison dont chacun est unique, d'autant plus difficiles à saisir qu'ils surgissent de façon sans cesse imprévue, hors de propos, aléatoire »
Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire.
« Même si j’étais Bismarck qui prend la décision d’expédier la dépêche d’Ems, ma propre interprétation de l’événement ne sera peut-être pas la même que celle de mes amis, de mon confesseur, de mon historien attitré et de mon psychanalyste ».
Paul Ricoeur, Histoire et vérité.
« Nous attendons de l'histoire une certaine objectivité, l'objectivité qui lui convient. Cela ne veut pas dire que cette objectivité soit celle de la physique ou de la biologie : il y a autant de niveaux d'objectivité qu'il y a de comportements méthodiques ».
Pour revenir à Cingria, son livre est plaisant, charmant, envoûtant. Il évoque avec sérieux et imagination la politique dans les Alpes du nord vers l’An Mil. Il est aussi question de l’Italie et de Constantinople. Parce qu’il a du style, nous lui pardonnerons son chauvinisme et son traditionalisme. Mais c’est vraiment parce qu’il a du style !
QUATRIEME DE COUVERTURE
Fille de Bourcard de Souabe, Berthe fut reine de 922 à 937, ayant épousé Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane, lequel devint également roi de l'Italie franque, ce qui laisse supposer que sa femme le suivit à Pavie, « superbe antique ville », alors sa capitale. Mais il en fut délogé, comme il était d'usage, par Hugues, comte d'Arles et de Provence, qui se fit couronner à Pavie en 926 et qui, pour avoir la paix, abandonna à Rodolphe ses terres de Provence et des Bouches-du-Rhône. D'où un accroissement prodigieux de la Bourgogne helvétique, dont Arles devenait la seconde capitale. A la mort de son mari, Berthe épousa d'ailleurs cet Hugues d'Italie, mais elle le quitta vers 940 pour retrouver avec délectation son Pays de Vaud et ses habitations rustiques.
Dès lors commence sa vie mythique. « Ses moutons lui donnant de la laine. Elle file et tient cette quenouille qu'on lui voit sur les images. » Elle est devenue une sorte de bonne fée, protectrice des humbles, qui apparaît çà et là, de Soleure à Payerne, semant derrière elle les tours, les églises et les couvents.
Charles-Albert Cingria est merveilleusement à son aise dans une histoire de ce genre où il s'agit d'exalter les pouvoirs d'une fée (Berthe) et les vertus d'une sainte (Adélaïde, la fille de Berthe, épouse d'Othon, premier des empereurs romains germaniques). Il fallait sa passion du Haut Moyen Age pour éclairer l'admirable fouillis des intrigues politico-familiales entre les rois et ducs romains germains bourguignons souabes et autres qui forment le tissu habituel de ce stupéfiant Xe siècle. Naturellement, il a lu ce qu'il fallait lire, Liutprand, l'abbé Dey, Muret, Poupardin, Mais il résiste de toute la force de son imagination aux tentatives dépoétisantes des historiographes du XIXe siècle qui ne pensent qu'à jeter le discrédit sur les légendes et les traditions. Il faut au contraire profiter des marges obscures d'un sujet pour lui inventer des structures pittoresques et lui donner les couleurs vraies de la vie. C'est pourquoi, sous la plume de Cingria, ici comme dans son Saint-Gall, comme dans son Pétrarque, l'histoire devient une succulente chronique aux libres contrastes, aux développements inattendus entraînés par un généreux désir de conter, où il entre un peu de science, beaucoup de franche humeur, et une solide dose de poésie.
EXTRAIT PAGE 113
Berthe alors repasse les cols et retrouve dans le Pays de Vaud ses habitations rustiques. Ce retour se situe vers 940-941.
Ses moutons lui donnent de la laine. Elle file et tient cette quenouille qu'on lui voit sur les images quand elle car représentée procédant dans les blés d'or.
On nous dit maintenant – plus maintenant : ne commettons pas toujours l’erreur d'appeler «maintenant» le XIXe siècle – que Berthe ne filait pas, que plus attentivement examinée, cette quenouille que les siècles ont vue sur son sceau était un sceptre. Eh bien ! va pour le sceptre! On comprend très bien qu'une optique de foi dans un adage ait opéré cette transsubstantiation. Il n'y a de réel que ce que l'on perçoit réel. Si on le perçoit autrement et avec méchanceté, le microscope ne fait que vous rendre votre méchanceté. Ah ! mais nous disions adage. En effet, ce n'est qu'à partir de 1850 que les peuples disaient : Au bon temps que Berthe filait. Ils ont répété cela de bouche en bouche toujours – depuis le très vieux temps. Les Lombards disaient aussi : Al tempo che Berta filava, et il ne peut s'agir, comme on l'a insinué, de Berthe, fille de Lothaire et de sa concubine Waltrade, femme, puis veuve d'Adalbert le riche marquis de Toscane, car cet adage est du Nord, pas de Toscane, et puis cette autre femme était trop affectée au démêlement de ses intrigues dans sa superbe pour avoir le temps ni le goût de filer. Quelle rage on a de chercher la petite bête l Mais, au fait, il se peut que la mère de Charlemagne ait filé, que Berthe, femme d'Ulrich, seigneur de Neuchâtel, ait filé, que Berthe, fille de Lothaire, ait filé - très peu mais enfin filé -, que Berthe, fille de Bérenger, ait filé, que Berthe, abbesse de Zurich, ait filé, que Berthe, fille de Conrad le Pacifique, ait filé, que Berthe, nièce de Hugues d'Arles, ait filé, que Berthe, femme de Liétaud, ait filé, que Berthe, mère du comte Thibaut, ait filé, que Berthe, fille de Mathilde et femme de Gérard d'Eguisheim, ait filé... Cela évidemment, puisque non seulement les reines, mais toutes les femmes filaient à cette époque. Ce qu'il y a d'étrange, c'est qu'on veuille à route force que Berthe n'ait pas filé. C'est comme si on nous disait qu'une baleine n'a jamais pris de bain dans sa vie ou que, du moins, étant donné tel cas, par manque de documents - il faudrait des diplômes - c'est historiquement insoutenable.
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Voir aussi
http://www.fluctuat.net/livres/chroniques01/cingria.htm
http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=3070
17-07-08
Musée du Bugey à Lochieu
Musée du Bugey – Valromey
Histoire et vie quotidienne en Bugey-Valromey, du 18e siècle à nos jours.
Les infos viennent du site internet :
http://www.ain.fr/display.jsp?id=cd_5132
J’ai simplifié et traduis en langage normal les infos de ce site internet.
En effet les soit disant « spécialistes » de la communication parlent une langue de bois avec beaucoup de mots tarabiscotés et inutiles. Leurs phrases sont interminables et confuses.
En élaguant, on obtient des phrases compréhensibles et courtes.
Evidemment, cela fait moins prétentieux...
Musée du Bugey-Valromey
01260 Lochieu
Tél. 04 79 87 52 23
Situé à Lochieu, au pied du Grand Colombier, le musée est installé dans des bâtiments, dont une maison Renaissance de 1561.
1) EXPOS PERMANENTES
• "Vie domestique en moyenne montagne" = un village entre 1850 et 1950 : cuisine et alimentation, confort, rites de passages, travaux féminins et masculins.
• "Outils et métiers du bois" et "Allons au bois" = métiers du bois et lecture du paysage.
• "La polyactivité montagnarde" = agriculture, production laitière, fromagère et apicole.
• "1561-2001, portrait d'une maison Renaissance en Valromey"
2) EXPO TEMPORAIRE :
Les médiateurs de la terre
(quel titre prétentieux !)
Du 06 avril au 1er novembre 2008
Les polyculteurs, chefs d’entreprises innovants du Bugey.
Comment vivent ces exploitants agricoles ? Découvrons ces paysans qui valorisent la moyenne montagne.
3) CONFERENCE : « PRAGUE, AU CŒUR DE LA BOHEME »
Mercredi 6 août à 17 h 30
Dans le cadre de la « Semaine artistique du Valromey », conférence d’Agnès La Batie, historienne d’art.
HORAIRES ET OUVERTURES
- Du 1er septembre au 1er novembre : du jeudi au samedi 14 h 18 h. Dimanche et jours fériés 10 h 18 h. Fermeture lundi, mardi, mercredi.
- Du 1er juin au 31 août : tous les jours, dimanches et jours fériés 11 h à 18 h. Fermeture lundi mardi.
Tarifs
Moins de 16 ans : gratuit
De 16 à 25 ans : 3,00 €
Adulte : 4 €
13-07-08
Pierre JAKEZ HELIAS
Pierre Jakez Helias, La colline des solitudes.
Julliard 1984, roman.
Pierre Jakez Helias était bilingue français-breton. Il écrivit de nombreux romans, dont le célèbre Cheval d’orgueil, description du pays bigouden au début du XXe siècle.
Ce livre met en valeur une idée chère à son auteur. La province - dont certains régionalistes vantent les prétendus mérites - a beaucoup changé. Le passé meurt et ne se réveillera pas. Il faut laisser les morts avec les morts et se tourner résolument vers l’avenir. Il refusa toujours le nationalisme breton.
En cela, les oeuvres et la vie de Pierre Jakez Helias peuvent servir d’enseignement et de modèle à tous ceux qui se penchent sur le passé de la Savoie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Jakez_H%C3%A9lias
Quatrième de couverture, extraits.
C’est un étrange royaume. Il n’a pas de nom ni de frontières. La capitale est un grand village établi à mi-pente sur une colline pierreuse des monts d’Arrée. Les quelques vieillards qui l’habitent ont rompu toute relation les uns avec les autres. Ils s’ignorent, et on les ignore. Le royaume lui-même n’est plus connu que d’eux seuls.
Un beau jour on y voit arriver un grand patron de la chirurgie, mondialement connu de ses pairs. Il a mis fin, brutalement, à une brillante carrière pour partir à la recherche de ses origines. Nostalgie ? Curiosité ? […]
Avec son arrivée la communauté des survivants commence à renaître. La forge du maréchal redevient le cœur du royaume sans nom, le lieu où ses annales étonnantes et obscures vont être retracées à plusieurs voix, au cours d’une veillée présidée par l’ancien du village. […]
Mais peut-on remonter le cours du temps ? Découvert, devenu célèbre, le village voit revenir ses enfants, et avec eux arrivent les curieux, les touristes, la foule des badauds en vacances. […] Les marchands du temple ne sont pas loin. […]
Citations Éparses
Ils connaissaient par le menu l’histoire du moindre arpent, ce qu’il avait donné jadis et ce qu’il pourrait donner encore si on le laissait quelques années au repos ; la raison du tracé des muretins qui ne servaient pas seulement à délimiter les parcelles ; le régime des vents et des pluies, les dates favorables aux semailles, les ressources des quatre saisons et les mille signes subtils par lesquels la nature vous invite à intervenir ou à laisser faire, à attendre que tout soit au point. Ils ne savaient pas lire sur le papier, mais ils lisaient parfaitement le grand livre de leur colline, ils pénétraient toutes les délicatesses de son langage mieux que les savants n’ont jamais su évaluer le contenu d’un écrit. P. 15.
La colline où régnait Yann Strullu est en train de mourir. On dira que c’est la faute des nouveaux temps que nous vivons et qui font que les jeunes gens ne peuvent plus s’y satisfaire. Facile à dire. Aux hommes des science qui allègueront des tas de bonnes raisons, il manquera d’avoir été personnellement impliqués dans ce drame, car c’en est un. Qu’ils aillent au diable ! Les choses auraient pu tourner autrement, là-haut, mais à quoi sert de nourrir des regrets ? A quoi sert de chercher des coupables au nombre desquels je me compte pour n’avoir pas agi comme il aurait fallu quand il en était temps. Que la colline retourne au désert, c’est navrant pour ceux qui l’ont connu dans sa gloire, mais bien des capitales du monde ont subi pareil destin. C’est une façon de disparaître qui fera philosopher à vide nos descendants. P. 58
Le docteur se faisait des reproches. Tout était de sa faute, le bon et le mauvais. Son retour avait mis fin à des années de mutisme et de solitude voulue sur la colline. Il avait fait renaître la conscience communautaire mais sans doute plus à son profit qu’à celui des onze. Et à cause de sa propre personnalité, le village perdu avait dû s’ouvrir à la contamination du monde. La fin qui lui était promise avait fait place à un nouveau destin au prix de renoncements essentiels. Peut-être eût-il mieux valu le laisser retourner au désert. P. 343.
Lorsque Ed le Joufflu retrouva sa colline, il ne restait plus personne à qui parler du Roi Jean-Louis. Le Royaume avait bien pris fin. On lui dit qu’un peu avant la date où il avait vu mourir le docteur, ce qui restait de la tour ronde s’était écroulé d’un seul coup dans le ravin, entraînant dans sa chute la façade du grand logis. A leur emplacement, il était question de construire un relais de télévision. P. 346.
09-07-08
Rémi Mogenet
A lire
Un billet du critique littéraire Pierre Assouline sur l’auteur savoyard Rémi Mogenet. Un billet plein d’humour et d’ironie… « 25 juin 2008 La Savoie est indiscutable ». On verra également les commentaires. http://passouline.blog.lemonde.fr/page/2/
Le blog de Pierre Assouline se trouve sur le site du quotidien Le Monde http://www.lemonde.fr/
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13-06-08
Immigrés clandestins à Chamonix
Source : Les journaux 20 minutes et Le Figaro.
On a arrêté début février 2008 à Chamonix (Haute-Savoie), un ressortissant indien qui conduisait une camionnette chargée de 30 passagers clandestins de nationalité indienne venant en majorité du Pendjab, dont sept mineurs de 16 et 17 ans. Ils devaient être acheminés ensuite vers la Belgique.
Il s’agirait d’une filière internationale : versant chacun entre 8 000 et 15 000 euros, ils ont pris un avion à New Delhi avant d'atterrir à Rome. La camionnette, venant d'Italie et circulant sur la rampe d'accès au tunnel du Mont-Blanc, avait été repérée par les fonctionnaires de la police.
« Ils étaient entassés debout dans des conditions inhumaines dans moins de 6 m2. C'était abominable », a raconté le directeur de la police aux frontières (PAF) de Haute-Savoie.
« Dans ce genre d'affaires, les clandestins ne peuvent en effet ni sortir ni se nourrir, estime un enquêteur. Dans certains cas, ils ne disposent que de petites bouteilles en plastique pour uriner. » Pour déjouer les contrôles au gaz carbonique, les convoyeurs emploient des ruses sophistiquées. Le 13 juin 2007, un clandestin fut trouvé mort de déshydratation dans la coque d'un bateau que transportait un convoi intercepté à Saint-Michel-de-Maurienne.
Deux semaines avant le scandale de Chamonix, une quinzaine d'Indiens venant aussi du Pendjab ont été trouvés lors du contrôle d'une camionnette à Bourg-d'Oisans (Isère). Couchés sur le plancher, ils étaient affamés après trois jours de diète. Ils devaient rejoindre Londres.
En guise de commentaire
Voici un texte trouvé dans le site de :
Réseau Éducation Sans Frontières, juin 2008
http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article13992
« Tribune parue dans
Le projet de directive européenne " retour " qui se prépare est scandaleux.
Mercredi 18 juin sera soumis à l’approbation du Parlement européen le projet de directive dite " retour " visant à harmoniser les conditions dans lesquelles les migrants irréguliers sur le territoire de l’Union européenne doivent être détenus et " reconduits ".
Il apparaît avant toute chose nécessaire de rappeler la réalité que recouvre l’expression pudique de " retour ". L’expulsion est une violence qui multiplie les uns par les autres les traumatismes de l’arrestation inopinée, de l’emprisonnement, de la perte de son logement, d’une perte d’emploi, de la spoliation de la totalité de ses biens, parfois de la séparation brutale de son conjoint et de ses enfants, de la dislocation de tout lien avec son milieu et d’une reconduite contrainte, éventuellement assortie de violences.
C’est une humiliation dont on ne se remet pas. Le pays dans lequel on avait placé l’espoir d’une existence nouvelle, qu’on avait parfois bataillé des années pour rejoindre, vous rejette, vous expulse et vous dépose sans bagage sur un Tarmac où personne ne vous attend.
Même quand les expulsés ont des proches au pays, la honte les empêche parfois de les rejoindre : celui qui faisait vivre toute une famille est devenu une charge. Nombre d’expulsés finissent désespérés, désocialisés, à la rue... Il faut que ceux qui votent la loi le sachent.
Le projet de directive européenne soumis aux parlementaires reflète en partie la brutalité du sort réservé aux sans-papiers : jusqu’à dix-huit mois d’internement pour le seul fait d’avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe ; rétention et expulsion de mineurs et de personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, victimes de torture...) ; possibilité d’expulser des personnes vers un pays de transit, même en l’absence de lien avec ce pays ; interdiction de retour sur le territoire européen pour une durée de cinq ans de ceux ayant été expulsés ; absence d’obligation de fournir un titre de séjour aux étrangers souffrant de maladies graves ; application aux mineurs isolés de l’ensemble de ces mesures.
UN RÉGIME D’EXCEPTION
Officiellement, le projet de directive " retour " vise à encadrer les conditions de rétention et à en limiter la durée dans ceux des pays européens dont la législation tolère un internement théoriquement indéfini. Nous craignons qu’elle devienne la norme européenne sur laquelle vont être tentés de s’aligner tous les pays de l’Union. Pour preuve, l’Espagne vient d’annoncer le passage de sa durée maximale de rétention de trente à quarante jours et l’Italie de deux à dix-huit mois !
Si elles étaient adoptées, les dispositions du projet de directive " retour " placeraient les étrangers en situation irrégulière, même mineurs, sous un régime d’exception : internement à la discrétion du pouvoir, faiblesse des droits de la défense, bannissement. Comment concevoir qu’une institution censée incarner la démocratie à l’échelle de l’Union européenne envisage d’infliger un tel traitement à une fraction de sa population ?
Davantage encore que chacun des Parlements nationaux des Etats de l’Union, le Parlement européen a une responsabilité devant l’histoire. Du fait de son existence récente, il n’a pas été mêlé aux déchirements et aux tyrannies du passé européen. Il incarne au contraire un certain idéal, en rupture avec les conflits et les dictatures qui ont trop souvent marqué l’Europe. Sous peine de disqualifier son institution, le Parlement ne doit pas adopter ce projet de directive. »
19-05-08
L'ancien château du Vuache (Vulbens)
Vulbens, en Haute-Savoie, a eu deux châteaux appelés "du Vuache" (Vuache étant le nom de la seigneurie, qui se communiqua au château, puis à la montagne).
Le premier château n'est plus visible. Il se trouvait au chef-lieu, à quelques dizaines de mètres au-dessus de l'église paroissiale actuelle, soit à gauche quand on se dirige vers Chevrier.
Il y eut d'abord une vaste "fortification" constituée d'un mur de terre, d'un fossé avec peut-être des constructions de pierre. Lui succéda un grand château de pierre qui fut remanié plusieurs fois. Il se peut qu'il ait d'abord été la possession d'une petite famille seigneuriale. Au milieu du XIIIe siècle, il devient la propriété des comtes du Genevois. Ceux-ci s'en débarrassent un siècle plus tard, au milieu du XIVe, pour le donner à une famille vassale. Mais ils y gardaient des droits. Ils venaient souvent pour chasser ou pour faire une halte lors de leurs déplacements militaires. Il y avait trois tours, avec une entrée du côté oriental, une cour intérieure et un logis du côté nord.
Aux XVe et XVIe le château est tenu par une branche de la famille Montchenu, originaire du Dauphiné. Le château brûle au XVIe s. et connaît un long déclin. Au XVIIIe s, il ne reste que quelques murs.
Le château a fait l'objet de fouilles dirigées par Frédéric Raynaud qui a publié en 1992 le résultat de ses travaux aux éditions DARA ( Documents d'Archéologie en Rhône-Alpes).
Ce château est actuellement couvert par un gazon, entre l'église et les nouveaux immeubles.
Ci-dessous, maquette et fouille du château.


05-05-08
L'église de Dingy bientôt rasée ?

L’ancienne église de Dingy-en-Vuache (74) sera-t-elle rasée ? version du 30 mai 2008
Depuis la Révolution et l’Empire, cette église en mauvais état est abandonnée par le culte, la paroisse ayant été supprimée et rattachée à Vulbens et Valleiry. L’église et le presbytère furent vendus à des particuliers. Le chœur s’écroula mais l’ancienne nef devint une étable. Les vaches prirent la place des fidèles et l'odeur du purin remplaça celle de l'encens.
Néanmoins des inhumations se déroulèrent encore autour du bâtiment pendant la première moitié du XIXe siècle. Vers 1900 Octave Tremblet découvrait des ossements en travaillant le jardin derrière. A peu près à la même époque, en creusant une fosse à purin à l’emplacement de l’ancien chœur, on découvrit la tombe d’un prêtre.
Les bâtiments ont été revendus cet hiver 2007-2008. Il est question d’y faire un immeuble de neuf logements. Tout autour, le sol a été sondé pour en évaluer la solidité.
Certes, il paraît que l’on conservera la grange au-dessus de l’église ; son toit a été refait il y a peu. Mais le bâtiment de l’église elle-même sera-t-il totalement rasé, de A à Z ? Conservera-t-on le portail du XVIe siècle ? Conservera-t-on l’arc qui se trouve derrière ? Les archéologues auront-ils le droit d’y faire une fouille préventive pour étudier les fondations, les transformations de l’église, la trace d’un éventuel bâtiment gallo-romain à son emplacement ?
Ceci dit, faut-il vraiment regretter le catholicisme d’autrefois ? Longtemps les curés se sont montrés si intolérants, empoisonnant la vie de leurs ouailles avec de nombreuses interdictions et obligations. Par contre j’éprouve de l’émotion devant ces femmes qui venaient à l’église de Dingy pour demander à la divinité de guérir leur enfant malade, pour remercier de bon dieu d’une guérison inattendue. Leurs émotions sont belles et émouvantes.
Mais que voulez-vous mon bon monsieur, les civilisations sont mortelles. La civilisation catholique est morte, tout aussi morte que la marine à voile et les moulins à vent, tout aussi morte que les cérémonies religieuses gauloises d’il y a deux mille ans.
Rien n’est éternel en ce bas monde. C'est ainsi. Inch' Allah. Mektoub.
Adieu jolie petite église.
De profundis amen.




04-05-08
Cartes du Vuache
Cartes du Vuache
Que circulent la connaissance et le savoir ! La culture est un plaisir, non une propriété privée ! On peut reproduire ces cartes avec mention de la source : http://histoireduvuache.canalblog.com
En bas : carte issue de "Géographies départementales de la France, Haute-Savoie, Paris, J. Bricon et A. Lesot éditeurs" (vers 1910 ?)




