HistoireduVuache

Histoire de la montagne du Vuache en Haute-Savoie. Non loin de Genève et de l'Ain. Au bord du Rhône. Communes de : Eloise, Chene-en-Semine, Arcine, Clarafond, Chevrier, Vulbens, Valleiry, Dingy-en-Vuache, Savigny, Minzier, Jonzier, Vers, Chaumont

promenades - HistoireduVuache

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21.09.09

Château de Montanges (Ain)

Belle visite au château de Montanges (Ain) juste au Nord de Bellegarde, à l’occasion des journées du patrimoine 2009. Ce château se trouve à deux pas de l’église et du cimetière, mais beaucoup de gens du Vuache – région pourtant proche - en ignoraient l’existence. Il faut dire qu’il a longtemps été inhabité, qu’il vient d’être racheté il y a quatre ans, et qu’il a été ouvert au public pour la première fois ce week-end.

Il s’agit d’une maison-forte, avec un corps de bâtiment entouré de deux tours carrées. Quelques murs, un escalier en pas de vis et quelques meurtrières datent du XIIe siècle mais la plus grande partie de construction est plus tardive.

Les propriétaires actuels, des architectes de Bellegarde, font un joli travail de réhabilitation. Ils ont tout à fait respecté le bâtiment en évitant de le dénaturer.

Nous avons admiré plusieurs grosses cheminées, de jolis planchers d’époque, de belles poutraisons en sapin, des pierres évidées pour servir de cuvette d’eau, d’anciennes fenêtres, des caves avec un crochet pour suspendre le cochon.

Dans le parc, un puits est surmonté de dalles en pierre et d’une petite charpente.

Le travail de réhabilitation est impressionnant.

Trois chambres peuvent déjà recevoir des hôtes payants.

Le village situé sur la route filant vers Champfromier compte plusieurs maisons anciennes coquettes et plaisantes à regarder.

http://chateaumontanges.canalblog.com/

16.05.09

Bateau le Chanaz, canal de Savière

Un bateau 100% électrique sur le lac du Bourget

Le “Chanaz”, premier bateau de ce type fabriqué en France.

Sources : articles du Messager, Le Progrès, La Vie Nouvelle et Sud-Ouest

Le Chanaz, premier bateau fluvial avec deux moteurs électriques à être fabriqué en France, vient de sortir du chantier Debord à Gujan-Mestras (Gironde).

Chantier Naval Debord

Port de Meyran BP 67 - 33470 GUJAN-MESTRASGUJAN-MESTRAS

Tél : 05 57 73 08 84

Debord

Ce chantier a été choisi pour son savoir-faire dans les nouvelles techniques de propulsion sur bateaux traditionnels. L'entreprise a déjà réalisé l’adaptation d’un moyen de propulsion hybride sur une pinasse (grosse barque plate arcachonnaise) de onze mètres qu’il a réhabilitée en totalité.

Ce projet est soutenu par EDF, en collaboration avec la société Evtronic. La construction a été particulièrement rapide mais il a fallu deux jours de transports depuis Gujan jusqu’au lac du Bourget.

L’embarcation est un bateau avec roue à aubes, de 15,40 mètres de long et de 4 mètres de large, avec une coque en polyester. « Le Chanaz » peut transporter 60 passagers pour des croisières sur le canal de Savière (4 km) et le lac du Bourget où il est le seul de ce genre. Ses propriétaires l'ont voulu non polluant.

Les touristes seront-ils suffisamment nombreux ? La commune compte pour cela sur la qualité de son carteemplacement : le Rhône et ses marais, le lac, le canal, la flore et la faune, les bateaux, la zone de loisirs...

"L'opération Chanaz" sera-t-elle rentable ? Le coût du bateau, particulièrement élevé, atteint 250 000 euros. De plus, il faudra changer souvent les moteurs.

La commune de Chanaz est économiquement peu active, prisonnière de son taux de chômage et de ses pavillons vacanciers rarement occupés mais coûteux en équipements collectifs (eau, électricité, routes...).

Elle s'est récemment rendue célèbre en interdisant la culture OGM sur son territoire. Elle accorde aussi beaucoup d'importance au "développement durable". Cela permet de jouer la carte de la proximité avec la nature pour se créer une image positive auprès d'une clientèle urbaine en mal de verdure et de calme.

blog_depliant_chanaz_croisieresJe reçois un mail qui me demande de préciser :

« Concernant votre article sur "le Chanaz", je vous informe que ce bateau n'a pas été construit a l'initiative de la commune de Chanaz, mais que l'idée vient de 2 personne qui nsont habitant de Chanaz et qui ont crée une socièté "Chanaz croisière" avec laquelle ils vont exploiter ce bateau.

La commune de Chanaz n'a absolument pas du tout financer ce projet. Merci »

Articles sur le bateau:

La Vie Nouvelle

http://www.la-vie-nouvelle.frwww.la-vie-nouvelle.fr/actualite/Un-bateau-100-electrique-sur-le-lac-du-Bourgetelectrique-sur-le-lac-du-Bourget-777.html

Radio France bleue Pays de Savoie

Reportage du 1er mai 2009

http://sites.radiofrance.frsites.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?nr=77de3b2a24968ad76e2282ea0b0717e5&1da623f6fb4665bf88e5fb3a4df88a93_info_mode=stories

"Capalu Rhône-AlpesRhône-Alpes", blog de photos sur les Alpes.

http://capalu.over-blog.comcapalu.over-blog.com/article-29074603.html

Sur le blog « du côté du Teich » (bassin d’Arcachon), voir les belles photos du bateau dans son chantier de construction et de son chargement sur le convoi exceptionnel.

http://ducoteduteich2.wordpress.com/

interview de Grégory Debord, le jeune entrepreneur gujanais dont l'entreprise a conçu le bateau : http://ducoteduteich2.files.wordpress.com/2009/07/chanaz-vents-forts-meyran.jpg

Vidéo de FR3

http://www.chanaz-croisieres.frwww.chanaz-croisieres.fr/France3fr.html

Sur le site Dailymotion, voir la vidéo de TV8 Mont-Blanc

http://www.dailymotion.comwww.dailymotion.com/video/x95ubm_energies-renouvelables-le-chanaz-suenergies-renouvelables-le-chanaz-su_news

chanaz02

Pour en savoir plus, on ira voir le rapport du commissaire-enquêteur sur le projet de Base de Loisirs Lacustre. 

http://www.chanaz.fr/storage/fichiers/conclusions_rapport_commissaire-enqueteur.pdf

01.05.09

Le Tour du Vuache

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Liens sur le parcours "Tour du Vuache"

Itinéraire vélocipède et en groupe.

Plusieurs itinéraires possibles.

Le parcours dure une journée complète.

Certaines portions sont plates mais il y a aussi quelques montées.

Eviter les grands axes routiers.  Rouler en file indienne.

Respecter la nature.

http://www.utagawavtt.com/randonnee-vtt-gps?topo=959

http://www.pays-du-vuache.fr/pdf/Pays%20du%20Vuache.pdf

http://www.vttour.fr/sorties/vuache,2011.html (avec photos)

http://www.genevoishautsavoyard.com/site/nature/sur-terre/idees-de-randonnees-et-de-balades/1162-7,le-tour-du-vuache.htm

http://www.cyclosbisserains.org/articles.php?lng=fr&pg=76 (avec photos)

04.11.08

Promenades automnales

Toussaint 2008

Pendant toute la semaine, une pluie incessante tombe sur cette modeste montagne à la limite de la Haute-Savoie et de l'Ain. Pour la première fois depuis longtemps, le brouillard fait un fugitif retour, histoire qu’on ne l’oublie pas.

Le sol est lourd, pesant, gorgé d’eau. Le travailler demande de durs efforts, tant de la part de l’agriculteur qui y tire son gagne-pain, que de la part du jardinier qui prépare le plaisir floral de l’été prochain. Les muscles et les machines sont sollicités.

Il a neigé une fine poudreuse sur le Vuache jusqu’en dessous Cessens (vers 680 m.) et vers « Chez le Bleu ». Il est rare de voir la montagne blanchie en cette extrême fin d’octobre. La crête du Jura porte déjà son manteau d’hiver.

Les prairies sont couvertes de minuscules petits champignons jaunâtres.

Promenade sur le plateau surplombant Léaz et Grésin, à l’altitude de six cent mètres. Devant, le Vuache et sa forêt automnale aux teintes rouillées. Je tente de deviner l’emplacement de la chapelle Sainte-Victoire. Peine perdue, comment la retrouver au milieu de ces troncs et de ces branches.

Du fond de la vallée monte un roulement continu de bruits de moteurs : camions, voitures et motos perturbent le calme. Moins loin, un tracteur fait un boucan du diable. Tout à l’heure j’ai croisé quelques travailleurs qui plantaient les grands piquets que l’on place en hiver au bord des petites routes afin de permettre au voyageur de rester sur la route malgré le tapis neigeux.

Les carillons des cloches bovines chantent une musique apaisante. Plus loin, derrière les bosquets de sapins, se trouve une ferme qui doit être la Grange Pillet. Dans l’herbe, quelques fleurs résistent courageusement au vent froid, je reconnait des trèfles violets. Je poursuis jusqu’à une ferme en activité, sans doute Métral. Les feuilles des peupliers tournicotent sans arrêt sur elles-mêmes et bruissent fortement. Les feuilles des charmes sont si vives : oranges, jaunes.

Au loin, les sommets pointus des Alpes tranchent avec les rondeurs de notre paysage jurassien.

En retournant à la maison, discussion au bord du Rhône, non loin du Pont Carnot, avec un passionné de chasse, pêche et champignons.

Il parle avec émotion de sa vieille chienne. C’était cela, sa passion, la voir lever le gibier. Une chienne si intelligente qui excellait pour chasser le lièvre. Une fois son animal mort, le chasseur n’a plus voulu continuer et a suivi de nouvelles passions.

Aujourd’hui, les sangliers prolifèrent. Une véritable surpopulation. Il en est de même pour les chevreuils. Pourquoi n’augmente-t-on pas les quotas ?

Il parle de ses pêches, les sendres et les brochets du fleuve. Mais maintenant l’eau est polluée, dit-il. Nous faisons l’éloge de Charles Bosson qui avait dépollué le lac d’Annecy grâce un immense collecteur qui en faisait le tour. Mais là aussi, ces derniers temps, la situation se dégrade.

Nous parlons gastronomie, armagnac, tourtières.

Le soir tombe. Une patrouille de chasseurs bredouilles passe  sur la berge. Ils ont touché le sanglier mais celui-ci a réussi à fuir ne laissant que quelques gouttes de sang sur la boue et les roseaux.

Promenade à Genève en passant par Chancy. Alors qu’en Haute-Savoie le bétonnage est intense, du côté suisse cela se construit doucement, très doucement. Le paysage change peu d’une année sur l’autre.

Mais la crise financière ralentit nombre de projets.

15.12.07

Baroque en Maurienne

La société d'histoire locale "La Salévienne" étudie le Nord-Ouest de la Haute-Savoie et ses environs. Chaque année elle organise des visites de monuments historiques à Genève, en Bourgogne, au Pays de Gex, en Haute-Savoie etc. En 1995 elle organisa un voyage vers la vallée de la Maurienne en Savoie. Nous y admirâmes de magnifiques églises baroques.

Voici quelques photos.

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Deux réflexions sur le baroque :

      

Texte n°1 :

Monsieur Robert BORNECQUE

(Université GRENOBLE 2)

Polycopié, 18 avril 1994

ROME OU LA JOIE DU BAROQUE

Baroque : le mot est piégé […]. A l'origine le terme italien de Barocco désigne une perle irrégulière, et par extension un objet d'art bizarre ; jusqu'en 1930 il lui est attaché un sens peu favorable , depuis les historiens de l'art l'appliquent à certains aspects artistiques des XVIIe et XVIIIe siècles.

Les origines du baroque

Le XVIe siècle est pour l'église catholique une période de graves difficultés ; réforme, succès du protestantisme en Allemagne et en Angleterre, guerres de religion en France. Elle se ressaisit par la Contre Réforme. De 1545 à 1562, le Concile de Trente va bâtir les fondations d'une église rénovée ; les papes sont désormais des modèles de vie rigoureuse. Les ordres religieux se sont réformés ; des ordres nouveaux apparaissent, surtout celui des jésuites, instrument privilégié de la papauté. Cette période de la deuxième moitié du XVIe siècle est cependant pour l’église un temps de pénitence, d'austérité, ce qui va se traduire dans l'art de 1'époque. Les tableaux s'inspirent de sujets dramatiques, avec des coloris relativement neutres. Le « Jugement dernier » de Michel-Ange, représentatif de cet art, n'est pas un jugement de pardon. Mais au début du XVIIe siècle l'église a achevé sa réforme. Même dans les campagnes, le niveau intellectuel et moral des prêtres s'est beaucoup amélioré, sous l'influence de prélats comme Saint François de Sales et Saint Charles Gorromée. Le protestantisme recule ; en France, les guerres de religion sont terminées ; en Allemagne les collèges de jésuites sont l'instrument de la reconquête catholique, et la guerre de Trente ans est marquée par des succès catholiques. […]

      

Texte n°2 : Claude-Gilbert DUBOIS, Le baroque en Europe et en France,

PUF Ecriture 1995

Extraits

Nous établissons la naissance d’un baroque historique en Europe, comme un contrecoup à double effet des « Réformes » qui se sont manifestées au cours du XVIe siècle […].

- La tendance générale des Réformes agit dans le sens d’une concentration : il s’agit d’élaguer les superstructures religieuses, d’épurer la lecture des textes, d’en fortifier les bases fondamentales, de supprimer les intermédiaires. Cette tendance au resserrement constitue une classicisation de la croyance : mais celle-ci, au lieu de se modérer, s’emballe dans une radicalisation qui s’exprime par des mouvements comme le puritanisme à l’anglaise, le jansénisme à la française, le piétisme à l’allemande. Le purisme exacerbé développe l’importance de la transcendance et accentue la fracture –ou la faille ou le schize – caractéristique de cette manière de vivre, pour un homme partagé, dans le monde par décision divine, hors du monde par aspiration spirituelle.

- L’autre manière – baroque celle-là – de vivre la fracture est de s’efforcer de la combler, tout en ayant conscience de la vanité de la tâche : il s’agit d’une exaspération du désir, qui n’arrive à se satisfaire d’aucun objet, par exigence d’un « plus outre » et le maintien d’un écart – c’est en ce lieu que se manifeste à nouveau le vide d’une fracture – entre l’imaginaire de l’objet désiré et la réalité de l’objet obtenu. Page 3.

Un guide touristique, proposant un « parcours des chemins du baroque », fournit un catalogue imposant d’édifices des vallées de la Tarentaise et de la Maurienne, régions sous l’influence de deux apôtres de la Contre-Réforme, saint François de Sales et saint Charles Borromée, érigés dans les années 1650-1720 « en pleine apogée du baroque français ». Page 17.

Le problème […] est, en France, dans le réseau connotatif qui accompagne le sens de ces mots. Classique veut dire français, parfait et point d’accomplissement ; baroque veut dire étranger, contestable et inachevé. Tant que le complexe baroque des Français ne sera pas surmonté, on ira de malentendu en malentendu, et d’oppositions académiques en confrontations sans objet. Page 300

Si par baroque on entend un art et un discours fondés sur la recherche éperdue et luxuriante du paraître, pour n’avoir pas à dire ses manques ou en les disant par ce moyen, si par « baroque » on entend l’évanescence, le « change » permanent, la métamorphose et l’instabilité des formes comme symptôme de l’instabilité des essences, il est évident que l’application de ce concept abstrait à la production française se fera très mal et engendrera plus d’exceptions que de conformations. Page 302.

Voyage en Tarentaise 25/08/07

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6 h et quelques chouias, il fait encore noir ce matin. Endormi et hagard, le petit groupe de membres de La Salévienne quitte Saint-Julien-en-Genevois pour visiter en car la Tarentaise. Pendant que les uns tentent de prolonger leur nuit, d’autres ébauchent leurs premières conversations : et votre jardin ? et la santé de votre belle-sœur ?. C’est le principal intérêt de ce genre de journée : échanger des impressions ou des plaisanteries, revoir de vieilles connaissances. Tous les milieux se côtoient. A travers la vitre, nous apercevons au bord d’une haie une biche donnant à téter à un faon, puis le chantier de l’autoroute provoque notre admiration devant ce témoignage du génie humain. Des prairies blanchies par le froid défilent.

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Nous arrivons enfin à Moutiers, petite ville de 4621 habitants, encerclée par les rocs, au centre d’un croisement de vallées. Le plan de la ville a l’air romain avec croisement des axes du cardo et du decumanus. Le vieux pont date de 1785.

Nous entrons dans le palais de l’archevêque, à deux ou trois mètres de l’onde bouillonnante. Autrefois ses murs épais le protégeaient des inondations ravageuses. Nous sommes reçus par la présidente de l’Académie du Val d’Isère. Jadis l’archevêque présidait l’association.

Visite du Musée des Traditions Populaires. Devant des outils de vignerons, nous apprenons qu’il y avait des vignes sur les adrets ; d’ailleurs on vient d’en replanter. Dans la pièce suivante, une discussion s’engage sur les noms patois des diverses scies. Chacun donne son avis. Dans mon village on dit comme ceci, dans le mien on dit comme cela. Qu’en pensez-vous Edmond ? Voici maintenant les pots. Quelques-uns ressemblent à ceux de l’Alsace ; au XVIIIe s des artisans seraient venus s’installer en Savoie. Plus loin, on nous apprend que l’on peignait les charrues en bleu car cette couleur repoussait les mouches.

Au premier étage, se trouve le musée de la société savante. Des objets rappellent l’intense activité industrielle qui animait naguère Moutiers. Il y avait des salines : durant la seconde moitié du XVIIIe s. on produisait annuellement 11500 quintaux de sel par an, vendus ici et en Suisse. Cela explique la destruction des forêts qui alimentaient les chaudières, fournissaient des poteaux des galeries etc. Des imprimeurs aussi travaillaient ici. Sous le Premier Empire, l’Ecole des Mines s’installa un temps à Moutiers.

L’identité de la vallée fut toujours remodelée par la mondialisation. On a découvert des objets égyptiens dans une tombe gallo-romaine : sans doute un soldat pratiquant le culte d’Isis. Des amphores contenaient de l’huile d’Espagne et du vin d’Italie. Les Romains utilisaient des poteries faites dans le Massif Central et à Vienne.

Sur la porte d’une vieille armoire, des poèmes de Rousseau ont été peints :

Renonçons au stérile appui

Des Grands qu’on implore aujourd’hui

Ne fondons point sur eux

Une espérance folle.

La visite terminée, nous passons à l’église cathédrale, voisine du Musée. Son abside romane était couverte d’un enduit peint en blanc. Selon la conférencière, la présence de deux portails traduit peut-être une influence germanique. La Tarentaise relevait du Saint Empire Romain Germanique.

Bon allez hop, faut pas traîner. Il y a encore du pain sur la planche. Zou, dans le car ! Allez, François, on arrête de discuter ! hop hop hop !

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Nous voici à Séez. L’aimable repas permet d’entretenir des conversations prolongées. Nous avons juste le temps d’avaler à toute vitesse le café, et hop, en route vers de nouvelles aventures. Allez, allez ! On ne traîne pas… Evidemment, certains retardataires se perdent.

Visite de l’église baroque. Sur la poutre de gloire peinte en bleu, saint Pierre et saint Paul curieusement déhanchés entourent le Christ. Le retable de 1683 couvert d’or révèle la richesse de la population. Autrefois le mobilier des églises changeait souvent ; l’idée de conservation du patrimoine est récente. Nus ne pouvons pas nous attarder car des mariages doivent s’y dérouler. D’ailleurs, dans la rue nous croisons les futures mariées avec leurs belles robes.

Au Musée de la Faune, nous admirons des animaux empaillés dans leur décor naturel reconstitué. Ce musée privé a été réalisé par un taxidermiste aussi passionné que talentueux. Nous essayons d’identifier les animaux II y a des sangliers, des blaireaux ; un pivert, un aigle royal... Nous traversons un intérieur de ferme reconstitué avec ses outils et son poste de radio.

Autre lieu de visite, le Musée Saint-Eloi. Le forgeron Roland fabrique devant nous des roses en métal. Le rougeoiement de la braise, le bruit du marteau et la puissance du martinet nous fascine. Au début, le forgeron se montre peu loquace puis voyant notre intérêt il nous explique son tour de main. Quelle science. Il appris son métier d’un forgeron italien réfugié en France qui cherchait à fuir le régime fasciste de Mussolini. Maintenant, déclare Roland, je suis le dernier à connaître ces techniques, je n’aurais pas de successeur.

Au premier étage, un autre passionné nous parle de la fabrication des bijoux. Il remplace Jean, vieil orfèvre de 80 ans, aujourd’hui absent. Il y a une grande variété de bijoux parce que chaque village avait son modèle. Ainsi, lorsque les femmes venaient à la messe ou au marché, sans qu’elles aient besoin de parler, on savait d’où elles venaient.

Elles fabriquaient de la dentelle, comme au Puy. Le soir, lorsqu’il faisait sombre, elles allumaient une bougie mais si cela ne suffisait pas, sur la table elles posaient une bouteille d’eau remplie d’un liquide bleu qui fournissait une lumière vive et reposante. Cette technique astucieuse a servi aux bijoutiers.

La collection a été constituée par Jean. Dans les années soixante, les femmes se débarrassaient de leurs bijoux traditionnels, démodés, symboles d’un passé de pauvreté qu’elles voulaient oublier. Avec le produit de la vente, elles s’achetaient une cuisine en formica. Jean acheta beaucoup de pièces qu’il a donné au musée. De nos jours, ces bijoux reviennent à la mode. Avis aux élèves : on manque de bijoutiers.

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Au deuxième étage, nous observons des photos sur l’art baroque. Un art qui peut être défini comme la liberté dans le mouvement. Le baroque s’inspire de la nature, des décors de théâtre, il veut transcender les limites pour atteindre l’infini. Parmi les visiteurs, les avis sont partagés. Certains admirent l’exubérance de couleurs et de formes, d’autres se montrent décontenancés.

Bon allez, pas le temps de philosopher. Nous courons maintenant à toute allure vers la Tannerie Favre. Heureusement la pente descend. Le tannage était un travail dur, malodorant. Ici l’outillage est complet et en plus il y a des vidéos. Sur un documentaire, un ancien ouvrier montre son savoir puis conclue avec amertume : je n’aurai pas de successeur.

Eh, mais ce n’est pas fini ! A Aime, nous visitons la célèbre basilique romane, joyau de l’art en Savoie. Elle fut construite vers 1014, probablement sur les ruines d’une basilique romaine, sorte de salle de réunion municipale. Toute proche, la carrière de Villette fournissait un marbre couleur lie-de-vin ou gris. Il avait deux clochers, détruits sous la Révolution ; l’un fut reconstruit par la suite. Un enduit protégeait les murs des remontées d’humidité et du vent.

Cette fois, la journée de visite est bien terminée. Dans le car, les voix deviennent plus atténuées, Certains yeux se ferment. Les lumières du lac d’Annecy brillent comme des étoiles. Je crois que nous passerons une bonne nuit.

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