HistoireduVuache

Histoire de la montagne du Vuache en Haute-Savoie. Non loin de Genève et de l'Ain. Au bord du Rhône. Communes de : Eloise, Chene-en-Semine, Arcine, Clarafond, Chevrier, Vulbens, Valleiry, Dingy-en-Vuache, Savigny, Minzier, Jonzier, Vers, Chaumont

1860-1940 - HistoireduVuache

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20.12.08

L'aventure des tuiliers

Jean Maret et Michel Tissut

L’aventure des tuiliers en Avant-Pays savoyard

Edité par la FAPLA (Fédération des associations de protection du Lac d’Aiguebelette)

2008

287 pages

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Concerne la région entre le Lac du Bourget et le massif de la Chartreuse, entre Belley et Les Echelles.

Nombreuses photos, croquis, cartes etc.

Résumé du sommaire

- Origine et localisation des gisements d’argile

- Les tuiles, leur fabrication (renseignements concrets et utiles)

- Les tuileries et leurs vestiges

- Evolution des tuileries aux XIXe et XXe siècles

- L’emploi des tuiles en Avant-pays savoyard : mode couverture, caractères des toitures

- Dynamique évolutive du bâti de la mappe sarde de 1730-1738 à nos jours, dans deux zones tests : le port d’Aiguebelette et le bourg de Lépin-le-Lac.

- Rencontres (chapitre très vivant, narration des enquêtes sur le terrain, rencontres des auteurs avec leurs informateurs).

                                    

04.01.08

La maison rurale du Genevois

histoire de la maison rurale en genevois

Ce 20 avril 2007 une assistance nombreuse se trouvait à Etrembières - Le Pas de l'Echelle pour écouter Dominique Zumkeller et Marta Hans-Möevi présenter leur livre sur les maisons rurales du canton de Genève. Un travail appartenant à une longue série d’études sur le rôle économique de la maison rurale suisse.

Du Genevois français au Genevois suisse, il y a des différences, mais pas tant que cela. Les vieilles maisons rurales se ressemblent beaucoup. D'où l'intérêt de cette conférence qui s'est tenue il y a quelques mois, non loin de la frontière.

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Impossible de comprendre la morphologie du bâtiment sans étudier au préalable l’économie et la sociologie.

Jusqu’en 1850 la plupart des exploitations pratiquent la polyculture ; il n’y a pas ou peu de vignerons (nous ne sommes pas à Lavaux !). Le bétail et le fourrage restent peu développés, ce qui explique l’aspect réduit de la partie agricole. On pratique l’assolement biennal.

Jadis le nombre d’enfants reste faible. En 1754-1797 les ménages de 3-4 personnes sont majoritaires ; en 1797 on compte 5,6 habitants par ménage. Les petites propriétés dominent : celles inférieures à un hectare représentent un tiers du total. Les propriétés dépassant vingt hectares demeurent rares.

Dans ce paysage de semi-bocage, le peuplement s’égaille. Il n’existe pas un seul gros village au centre de la commune (openfield lorrain), ni un semis de fermes isolées (bocage breton), mais quelques petits tas de maisons formant hameaux. Un dense réseau des chemins parcourt la campagne.

Ce paysage évolue. A Bernex au début du XVIIIe siècle, les constructions sont éparpillées. Au début du XIXe s. les trous se comblent. Un siècle plus tard, cela devient un village-rue.

Observons les vieux plans de Chancy : autour des bâtiments actuels, généralement déjà présents au XVIIIe siècle, une première couronne était formée de jardins, la deuxième de vergers et la troisième par les champs.

On distingue plusieurs plans de maisons.

  Type 1. Au rez-de-chaussée le logement et derrière la partie agricole.

  Type 2. Au rez-de-chaussée la cave ou l’écurie, le logement étant au-dessus. Situation rare car insalubre.

  Type 3. Le logement et la partie agricole sont côte à côte. Parfois on surélève.

Les maisons de Peissy-Satigny ont un plan typique. Elles sont contiguës, avec des murs coupe-vent en saillie. Le toit en faible pente est couvert de  tuiles creuses. Avant le XVIIIe s. l’escalier est en bois puis on le fait en pierre. Les pièces sont la cuisine, le poële, la grange et l’écurie. Le foyer et hotte de la cheminée s’adossent au mur de refend qui chauffe le poële.

Dans le Genevois, la maçonnerie est utilisée dès le XIIIe, surtout dès le XVIe s. Les murs sont larges, surtout à la base, et les fenêtres petites (papier huilé), avec des meneaux. Les fondations étant peu profondes, les contreforts sont indispensables. On dresse d’abord deux parements, à l’intérieur desquels on déverse ensuite des matériaux récupérés un peu partout : grès, molasse, calcaire, cristallins. Des tuiles calent les pierres. On réutilise les restes de constructions antérieures. Un mortier en chaux vive lie l’ensemble. Par contre, entre une grange et une écurie on se contente de murs à pans de bois avec un remplissage en maçonnerie. Toujours, un crépi protège le mur extérieur. La face au vent (bise) ou à la pluie n’a pas d’ouvertures alors que la façade sud ou ouest s’ouvre. Les murs contigus permettent de faire baisser le coût de chauffe.

Au XIXe siècle apparaît le chaînage d’angle visible, les fenêtres et les granges deviennent plus grandes, le calcaire remplace la molasse. On abandonne l’escalier extérieur parce que la cave apparaît (en Savoie la cave est apparue plus tôt).

Dans la partie agricole, le linteau en bois est antérieur au linteau en pierre .L’ouverture en anse de panier tardive sert à faire passer les chars. On trouve aussi des granges traversantes, de la cour au jardin. Au XVIIIe s. apparaît l’œil de bœuf pour ventiler la grange. Au-dessus de l’écurie, on met des parois en bois pour ventiler la grange. Peu de caves car partout l’eau affleure.

La charpente aussi se modifie. Dans les granges du XVIIIe s : elle ressemble à une forêt. Au XIXe s : apparaissent le tirant horizontal et le poinçon jusqu’au faîte. Les premières charpentes sont à mortaises, puis arrive l’assemblage mâle-femelle. Monter une charpente requiert l’aide des voisins.

Au XVIIIe s. apparaissent les toits à demie coupe. Les toits sont en chaume jusque vers 1850-1900. Lorsque le développement de la production fromagère nécessite d’augmenter la taille du troupeau, donc nécessite davantage de place pour le fourrage, il faut rehausser le toit. Lorsque la pente du toit devient plus forte, on passe de la tuile creuse à la tuile plate.

Bref, une conférence utile permettant de mieux apprécier les vieilles maisons de nos promenades.

Isabelle Roland, Isabelle Ackerman, Marta Hans-Moevi, Dominique Zumkeller, Les maisons rurales du canton de Genève, collection Les maisons rurales de Suisse n° 32, Genève Slatkine et Bâle, Société Suisse des Traditions Populaires, 2006. 

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Et maintenant : il ne reste plus qu'à aller sur le terrain admirer les vieilles bâtisses. Je vous conseille les villages de Chaumont, Chevrier et Sézegnin.

Illustrations extraites de la plaquette "publicitaire" du livre servant de base à cette conférence.

23.12.07

Alcooliques

Dans les archives la lutte contre l’alcoolisme revient souvent car ce fléau fait des ravages : rixes, suicides, incendies, chutes dans les ravins qui bordent les routes...

pris_de_boissonA Scionzier en 1903 un horloger de cinquante ans, alcoolique, déclare son intention de se suicider. On retrouve son cadavre dans l’Arve [1]. En 1903 un cultivateur de Vulbens, pris de boisson, assassine un homme [2].

Le 4 mars 1904, au café Douvre à Boussy, Joseph Pierre B., vingt-et-un ans, maçon-cultivateur, rencontre P. attablé et pris de boisson. Ils boivent ensemble et jouent aux cartes. « Excité par la boisson, P adressa des reproches à B au sujet d’un marché passé avec son frère, puis il fit le pari de boire autant de rhum que B pourrait consommer de vin blanc ». Des coups s’ensuivent et P meurt [3].

En 1908 T..., domestique à Bons, fait le pari qu’il pourra boire un litre d’absinthe. Et ce qui devait arriver arriva : aussitôt fini, il tomba raide mort [4].


[1] Le Cultivateur savoyard 8 janvier 1903

[2] Cultivateur Savoyard 19 novembre 1903

[3] Le Cultivateur savoyard, 5 mai 1904.

[4] ADHS, Presse 186-8, 2 avril 1908

Violences villageoises

Querelles, insultes et coups de poings

La mode est à l’adoration des racines, du terroir, de l’identité etc. Cela revient à s’adorer soi-même, ou plutôt à adorer l’image « truquée » renvoyée par le miroir de nos fantasmes. Ici j’ai voulu montrer une facette occultée du « bon vieux temps », une époque qui pouvait être violente et dure, en tous cas différente de l’harmonie bucolique et champêtre que nous imaginons.

La moralité de notre village est notre bien le plus précieux...

Le 13 brumaire an III. Louise D., native de Vanzy, journallière chez Claude Magnin, est enceinte d’un homme « avec lequel j’ai eu à faire à Passeirys où j’étais en efeuille ». Le coupable est parti en Amérique, son pays natal (?). La municipalité ordonne à la demoiselle de quitter la commune dans les quinze jours.

Archives communales de Vulbens, Actes municipaux 1794-1815.

Ils ont une drôle de tête, ceux-là...

A Moissez, lieu-dit de Vulbens placé au bord du Rhône, se trouvaient une tuilerie et une ferme appartenant au marquis du Vuache. La plupart des fermiers qui s’y succédèrent furent des étrangers au Vuache, ainsi les Reymond, les Reynaud, les Duret. Ils sont souvent victimes des tensions sociales entre le marquis et les villages de la plaine. A Moissez il y a un chemin menant à Chancy ; beaucoup d’habitants pratiquaient la contrebande entre Genève et la Savoie.

Le 13 mai 1793 la municipalité de Vulbens écrit au marquis : « La barraque que vous avez a la forest sur moissés placée sur le grand chemin est devenue un lieu de retraite pour les assassins, qu’un individu y a perdu la vie dont les vestiges ont été trouvés ses jours derniers auprès d’icelle ». On saisit chez les Reymond un fusil et deux bayonnettes et l’affaire fut portée devant le juge de paix de Viry. Celui-ci justifia ainsi les poursuites : « parce que se sont des etrangers qui étoient là il y a peu de tems dans la dernière misère et aujourd’hui commensent a brillier ». De plus le fils aîné « n’est pas revetu de grande réputation dans le public ny d’une phiséonomie bien faisante ».

Fonds Reynaud, archives de la Salévienne.

Touche pas au grisbi !

« Je, Jean Claude P... promet devant M. Raffort en sa qualité d’officier de police, de ne plus fréquenter [...] la nommée Josephte R.... avec laquelle j’ai eu des commerces illicites et qui ont causé des scandales dans la commune. [...] Je m’engage [...] de ne plus résider au hameau du R..., mais de venir établir ma demeure au chef-lieu qui est mon hameau natal et où ont toujours été mes ancêtres en promettant de plus de me réunir à ma femme et de vivre ainsi que doit faire tout bon chrétien.

Fait à double dans les archives de la commune, le 26 juin 1823. »

Signé : Jean Claude R...; J. Raffort « sindic »

Fonds Reynaud, archives de la Salévienne.

Fallait pas m’énerver !

Tribunal de Saint-Julien, audience du 25 novembre 1835

Pierrette F., de Vulbens, accuse Marin D..., de l’avoir injurié en la traitant de catin, reste de bordel, coquine. Il l’a terrassé en lui prenant la tête et la jetant dans le bachal. Il a menacé du poingt son fils Joseph âgé de trois ans et demi.

Marin se défend : j’ai été provoqué car elle m’a traité de restant de prison, d’échappé de prison, ce qui est faux.

ADHS, 12 FS 21/6

Rififi pour une robe de chambre

Tribunal de Saint-Julien, audience du 9 décembre 1835.

Claudine M habitant à X fait une requête.

Catherine femme autorisée de Joseph C, défendeur.

Requête : Claudine M a exposé que le deux dudit novembre 1835 travaillant de son métier de tailleur X chez Charrière, elle fut, après diner, faire la petite promenade, revenant par le chemin qui conduit depuis la maison de Charrière à la maison d’un nommé Lombard, ce même lieu elle fut remontrée par Catherine femme de Joseph C, qui se mit à lui dire, d’une voie forte et colère : putin, garce, la veut séduire mon fils Louis, la ne vaut rien, déjà tu as pris des cocons pour te faire rouler [ou couler ?] un enfant.

La démène ne dit mot, baisse la tête, ses yeux se remplissent de larmes, et elle s’en va. La femme C, furieuse, lui va après et lui donne alors des coups de poings sur la tête, et la frappe sur le dos, avec une corbeille qu’elle avait. Cette scène s’est passée en public et a attroupée beaucoup de monde.

L’on sait le préjudice irréparable que de pareils propos proféré surtout en public, portent à une jeune fille, même de la conduite la plus innocente et la plus réservée comme est la démène.

La défendeuse (?) a répondu que le premier novembre jour de la Toussaint dernière au sortir de la messe, elle défendeuse ayant été accostée par la démène, celle-ci instruite que la première s’opposait à ce que son fils et son mari la fréquentassent, se mit à la proferer à la défendeuse, jusqu’à son habitation, toutes sortes d’horreurs, en la traitant de putin, charogne, de trainée, de débordée, en l’accusant d’envoyer ses filles à paris pour se prostituer. Que le lendemein deux novembre la défendeuse ayant outrepassé la démène dans le chemin de X et dans un endroit où précisemment une femme lavait des linges, celle-ci salua la défendeuse à quoi cette dernière répliqua : tu as bien de la bonté de saluer une salope, une charogne (...), la dite Monpitton se prit immédiatement à lui dire : oui, tu es une salope, une putin, une coquine, le sindic de X te passe dix huit fois par jour sur le ventre.

La défenseuse a convenu que, de cette circonstance, elle riposta par d’autres injures de la nature en général de celles rapportées par la démène, en ajoutant que celle-ci était d’autant plus une prostituée qu’elle en avait pour ainsi dire convenu avec elle, lorsque lui montrant un jour des robes de chambre ou de sureté, elle lui disait « voilà les choses dont les messieurs se servent pour éviter d’avoir des enfants » et qu’elle alla jusqu’à lui donner quelques coups d’un panié qu’elle avait au bras.

ADHS, 12 FS 21/6

C’est pas vrai... j’ai pas porté le manteau rouge !

Tribunal de Saint-Julien, audience du 23 décembre 1835.

Catherine François épouse de Joseph C demeurant à X et Jean M, du même lieu.

Requête du 18, de Catherine François : Jean M s’est permis le douze du courant, à X, en présence de plusieurs personnes, s’entretenant sur le compte d’elle, alors absente et déchirant à belles dents sa réputation, et son honneur à plusieurs reprises, qu’elle s’était parjurée, quelle avait prêté de faux serments, et qu’en punition de ce crime, elle avoit porté le manteau rouge et qui plus est qu’elle était à la veille et toute disposée à en commettre un semblable.

La défense : Premièrement que le douze du courant (...) passant devant la maison de la demanderesse celle-ci se mit à l’injurier en lui disent d’un ton de voix très élevé, le voilà voleur, le voilà mauvais sujet ! Ah que mon fils a eu tort de préter de l’argent à des voleurs, à des frippons, à des vauriens.

Deuxièmement que ce ne fut qu’ensuite de ces injures qu’il répliqua tout machinalement.

ADHS, 12 FS 21/6

Fils ingrats ? ou père casse-pied ?

24 août 1852, testament de Laurent Duret, à Raclaz d’amont. « Je lègue à mon fils Jean Duret [...]. Je donne et lègue aussi à ma fille Péronne [...]. Et ce sont les susdits deux legs en préciput par reconnaissance des soins que mes deux légataires m’ont constamment donnés, tant en santé qu’en maladie et notamment Jean, en compensation des sommes qu’il a payées pour moi à divers créanciers, tandis que mes deux autres fils Xavier et François se sont mariés hors de la maison dès plus de dix ans et qu’ils m’ont entièrement abandonné. »

Préciput : droit pour un héritier de prélever une certaine somme sur la succession, avant que le partage soit fait.

ADHS, tabellion de Saint-Julien.

15.12.07

Ne pas idéaliser l'école de Jules Ferry

La conférence sur les valeurs républicaines au début du Xxe siècle

Il ne faisait guère chaud, cette soirée du 3 novembre, à Viry. L’assistance était venue nombreuse pour entendre ma conférence sur les valeurs civiques dans les cahiers de classe (1903-1914) de mon grand-père. Une sacrée émotion, cet hommage que je voulais lui rendre. Finalement c’est grâce à lui que j’ai passé tant de bons moments dans la région. J’imaginais le contentement de mon père, décédé mais toujours là.

Le sujet de cette conférence m’avait paru utile. En effet une mode récente nous demande d’adorer et d’imiter l’école républicaine du « bon vieux temps », sans se rendre compte qu’en réalité on la mythifie.

Dans ces années d’avant le cataclysme de 1914, la république toute neuve était une des rares démocraties européennes. La condition ouvrière n’était pas toujours rose, la France venait de conquérir au son du canon un immense empire colonial, l’industrie se développait lentement mais sûrement et l’exode rural commençait.

Un des aspects les plus émouvants de ces cahiers est l’éloge qu’ils font de la démocratie et des droits de l’homme. On sent un peuple heureux d’avoir conquis de haute lutte le suffrage universel contre l’opposition des notables, un peuple fier de son parlement. Un manuel reproduit de beaux conseils à donner aux élèves : « Apprenez-leur à se défier d’eux-mêmes, des entraînements de la discussion, de séductions de la logique à outrance, des conclusions précipitées, des affirmations superbes, à écouter ceux qui ne pensent pas comme eux, à tâcher même d’entrer dans leurs raisons, à être vraiment intelligents, ni intolérants ni sectaires ».

Avec le recul du temps, le patriotisme apparaît comme parfois militariste et exagéré, mais jamais on ne voit de sentiments agressifs vis-à-vis de l’Allemagne. Jamais non plus la France n’est définie comme une « race ».

La laïcité était moins psychorigide qu’on pourrait le penser. Dans les cours du primaire on fait référence jusqu’en 1927 à une morale déiste (un peu comme aux USA, en moins fort).

Le progrès technique est considéré avec un optimisme dont notre époque paranoïaque aurait bien besoin.

Ceci dit, il faut voir également l’envers du mythe. Les femmes ont la nationalité sans la citoyenneté ; on les invite à rester devant leurs fourneaux. Le paysan est présenté comme l’essence même de la vertu et l’ouvrier comme un être inquiétant. On ne doute pas que la France a raison d’apporter la civilisation aux « sauvages » et d’ailleurs si ces bandits résistent, elle doit se montrer énergique, n’est-ce-pas. Les compositions laissent peu de place à l’initiative de l’élève car les idées sont imposées. On dénonce l’alcoolisme alors que dans le même temps le gouvernement baisse les taxes sur l’alcool.

A la fin de la conférence, un débat nourri s’engagea. On évoqua les excès de l’anticléricalisme, la démocratie chrétienne et la difficulté de la France à accorder un pouvoir réel à ses régions. On discuta des causes du déclin des patois. Faut-il en rendre responsable l’école et ses brimades, le sectarisme jacobin, la guerre de 1914-1918, ou l’urbanisation du mode de vie ? La IIIe république a-t-elle favorisé l’égalité des chances ? La morale d’autrefois avait-elle de bons côtés ? Peut-il y avoir une morale efficace sans Dieu ? En réalité on se plaignait déjà de la turbulence des enfants et je dois bien avouer que mon grand-père était un des plus enragés à jeter des cailloux sur les vitres des voisins.

Le libertinage 1860-1940

Résumé de ma conférence du 11 septembre 2006 à La Roche

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Le texte intégral paraîtra vers l'été 2008 dans les Actes du Congrès des Sociétés savantes de Savoie.

Par «libertinage», j'entends  : relations sexuelles pré-conjugales, adultères, maisons de rendez-vous etc.

En 1870 un homme abandonne son épouse pour sa belle-soeur. En 1871 un Roméo et sa Juliette mineurs s'enfuient du domicile parental. En 1878 une domestique, trop coquette selon sa patronne, reçoit ses amants, généralement militaires, avec qui elle finit les fonds de bouteilles. Une paysanne tombe enceinte quand elle va en «effeuille» dans le canton de Vaud. Et ces domestiques : sont-elles enceintes à cause d'un patron abusif ou d'une amitié galante? En 1901 une veuve et ses filles font la fiesta avec leurs «invités». En 1914 un Savoyard établi à Lyon «vit maritalement avec une mauvaise femme».

Arrive la guerre de 1914. Les certitudes vacillent. En 1917 des anarchistes consolent des épouses esseulées ce qui indigne un maréchal des logis à la retraite. En 1919 deux jeunettes quittent Aix-les-Bains pour aller danser à Annecy.

Vers 1937-1940 le libertinage se développe. Des restaurants louent des chambres à des couples à la recherche d'un refuge. Une bonne fait le mur pour rejoindre ses amants. Dans les bals on fait des rencontres qui se terminent dans une chambre du quartier.

A la fin de la conférence, Mlle Hermann me fit remarquer dans les comptes de châtellenie de la fin du Moyen Age on trouve déjà beaucoup de pratiques sexuelles "hors normes".

Cette question me pousse à développer ma réflexion. Que s'est-il passé entre le Moyen Age et la fin du XIXe s ? Davantage de contrôle social ! La naissance de la monarchie absolue (François 1er puis Louis XIV). Les intellos de l'Humanisme et de la Renaissance (Ronsard n'est pas un baba-cool !). Le fondamentalisme protestant puritain. Le concile de Trente et la transformation d'une Eglise qui devient plus efficace, plus moderne, plus surveillante. Puis le Progrès scientifique avec son cortège de certitudes en acier inoxydable. Le travail en usine pas toujours rigolo. Et enfin la IIIe République qui par certains côtés est une Eglise catholique n°2.

Les gens ont-ils voulu se défendre contre les intrusions de ces institutions et idéologies normatives ? D'où ce libertinage "pré soixante-huitard". Mai 68 serait-il le début d'un retour à un Moyen Age délectable, avec davantage d'autonomie et d'initiative ?

Les sociétés d'assurance

Philippe Gonod, Les sociétés d'assurances mutuelles de l'Ain au XIXe siècle, entre communauté et commune, article paru dans Ruralia numéro 1998-02.

Note de lecture.

A l’heure où l’on parle à tort ou à raison d’une « crise de la démocratie », il est utile de méditer sur l’exemple des premières caisses d’assurance d’un département voisin.

A l’origine, il y a « l'initiative britannique qui fait suite à l'incendie de Londres en 1666 ».

Puis les élites françaises font de même. Par exemple « en 1705, l'archevêque de Reims crée une « caisse des incendiés ».

Les mutuelles-incendie locales apparaissent dans la vallée du Rhône et de la Saône à partir des années 1840, « faisant probablement de cette région l'un des plus importants et anciens foyers de l'assurance mutuelle ».

Leur diffusion est facilitée par la loi de 1867 qui clarifie le cadre juridique. Une convergence se noue entre l’initiative populaire basée sur le bouche à oreille et le notaire qui apporte sa compétence juridique et son réseau de relations.

C’est d’abord dans le Val de Saône que se développent les mutuelles. Cela s’explique par un habitat dense et groupé de petits propriétaires-exploitants qui lors des guerres napoléoniennes prirent l’habitude de faire des contrats pour couvrir le risque de voir le sort désigner leur fils pour partir à l’armée.

Dans le reste du département les sociétés sont plus rares ou couvrent le territoire de plusieurs communes.

La gestion des premières sociétés est assurée de manière collégiale et « le rôle du maire paraît davantage être un rôle de représentation plutôt qu'un rôle de direction ». Ce sont des communes où les quelques grands propriétaires s’impliquent peu. Les premiers rôles sont tenus par des artisans qui, par leur métier, connaissent la valeur des biens qu'ils auront à estimer : maîtres charpentiers, géomètres, maçons etc. « Etre syndic est d'abord une affaire de compétence et non d'influence ou de pouvoir ».

Philippe Gonod constate un rôle croissant des élus après 1867. Il l’explique par le fait que les mutuelles récemment créées se trouvent dans des endroits où les traditions communautaires sont faibles et où elles couvrent plusieurs communes, ce qui pour les habitants rend nécessaire la représentation de chaque commune par ses conseillers. De plus, à partir de la fin du Second Empire, les sociétés apparaissent dans des communes « où les grands propriétaires non exploitants sont davantage en prise avec la vie municipale ». Il s'agit pour les élites locales, de « prendre pied dans la principale structure rassemblant les propriétaires. [...] La mutuelle devient le théâtre de luttes de pouvoir où l'influence prend le pas sur la compétence ».

L’auteur termine par un appel à la prudence : les documents sont si rares qu’il est difficile de transformer les hypothèses en certitudes

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Fernand David au Liban

L’EX DÉPUTÉ DE SAINT-JULIEN VA AU LIBAN

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Vers 1900, la France était la puissance dominante en « Syrie naturelle », grâce à ses investissements économiques et son rayonnement culturel. Elle est considérée comme la protectrice naturelle des chrétiens d’Orient. On parlait d’une « France du Levant ». Les Britanniques, qui occupaient l’Egypte, avaient fini par reconnaître de mauvaise grâce cette primauté.

Arrive la guerre de 1914.

Français et Anglais s’unissent contre les Allemands. De son côté l’empire ottoman s’allie avec les Allemands (avec qui il a des liens économiques) afin de se débarrasser des Anglais et Français.

La mécanisation de la guerre (premiers avions, premiers chars) fait prendre conscience aux franco-britanniques de leur dépendance envers le pétrole. Or il y a du pétrole à Mossoul. Et l’empire ottoman bien malade est en train d’agoniser. Dans ces conditions, on aurait bien tort d’avoir des scrupules. Servons-nous sans vergogne… Tel était le raisonnement occidental.

En avril 1920, la conférence de San Remo confie à la France un mandat sur la Syrie et le Liban, avec un but, l’indépendance des deux territoires.

Les nationalistes syriens sont déçus car ils espéraient la création d’une Syrie indépendante, incluant la Palestine et le Liban. La fin de l’empire ottoman avait été marquée par un début de démocratisation incomplet mais les deux puissances européennes cassent cette évolution par leur découpage territorial et leur intervention colonialiste.

Les nationalistes syriens refusent le mandat français et proclament unilatéralement l’indépendance de leur pays. Les troubles se multiplient en Syrie et au Liban.

Nonobstant, les troupes du général Gouraud entrent à Damas en juillet 1920.

Le 1er septembre 1920, le haut-commissaire de la France au Liban proclame l’Etat du Grand Liban, séparé de la Syrie.

Le 24 juillet 1922 le mandat français sur la Syrie et le Liban est confirmé par la Société des Nations.

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La population développe un sentiment antifrançais. Au Liban et en Syrie la présence française est contestée par les Druzes, depuis longtemps hostiles aux chrétiens libanais qu’ils considèrent comme les « chouchous » des Français. Peut-être encouragés par les musulmans et les Syriens, les Druzes combattent les troupes françaises.

En 1922-1923 le président du conseil Poincaré y voit un complot des Britanniques avec qui il se trouve un peu en froid. Il envoie au Liban son ami Fernand David, sénateur, ancien député de Saint-Julien-en-Genevois, ancien ministre, réputé pour connaître la situation coloniale.

Le Liban deviendra une république démocratique et multi-confessionnelle. Un pays original et sympathique. Un sentiment patriotique et national libanais se développera.

La Syrie se sentira toujours lésée et tentera une garder une l’influence sur le Liban.

Le député Jacques Duboin

Duboin, Jacques (1878-1976)

Industriel et banquier.

Conseiller général de Chamonix et député de la Haute-Savoie (1921-1928).

Fondateur en 1934 de la "Ligue pour le droit au travail et le progrès social" qui deviendra le "Mouvement français pour l'abondance", selon laquelle seule l'organisation défectueuse de l’écono­mie empêche de connaître l'abondance.

Sous-secrétaire d’Etat au Trésor en 1924.

Bibliographie :

- Duboin Jacques, Discours sur la modernisation de l'armée, prononcé le 14 mars 1922 à la Chambre des députés, extrait du Journal officiel, n° 30, 15 mars 1922

- Duboin Jacques, Réflexions d'un "Français moyen", Paris Payot 1925.

- Duboin Jacques, La France, malade financièrement peut et doit guérir, Paris, Vanves, Etienne Chiron, éditeur, 1926 (18 novembre.). [N'ayons pas peur de la vérité. Série de treize articles parue dans ″le Journal″ des 29, 30, 31 décembre 1925 ; 1, 2, 3, 4, 5, 8, 9, 10, 11, 12 janvier 1926.

- Duboin Jacques, Ce qu'on appelle la crise !!, Paris, Éditions nouvelles, 1934. (25 octobre.), 219 p. Études parues dans ″l'Oeuvre″. Année 1933-octobre 1934. Autre édition en 1936.

- Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine, Paris Ed. nouvelles, 1932. Autre édition en 1934.

- Duboin Jacques, Nous faisons fausse route. Préface de M. Joseph Caillaux, Paris, Éditions des Portiques, 1932.

- Duboin, Jacques, La Grande Révolution qui vient, Paris, les Éditions nouvelles, 1934. Autre édition en 1935.

- Duboin Jacques, Kou l'ahuri ou la Misère dans l'abondance !, Paris, Éditions nouvelles, 1935

- Groupe Dynamo. Pauvre Français ! Introduction au recensement des richesses de la France. Préface de Jacques Duboin, Paris 5 octobre 1936

- Duboin Jacques, En route vers l'abondance, Paris Fustier, cop. 1935, 2 vol. Collection Ligue du droit au travail.

- Thomas R.-Amlie, Les Etats-Unis sur le chemin de l'abondance. Préface de Jacques Duboin. Paris Fustier, 1936. Collection Ligue du droit au travail

- Duboin Jacques, Lettre à tout le monde sur la nature des réformes nécessaires, Paris Fustier, 1937. Autre édition 1938.

- Duboin Jacques, Libération Des bras à la machine, de la disette à l'abondance, de l'échange à la distribution, Montrouge (Seine), Paris Bernard Grasset, 1936. Autres éditions en 1937 et 1946.

- Dumont Rémi, Misère ou Prospérité paysanne ? Préface de Jacques Duboin, Paris, Fustier, 1936,

- Duboin Jacques, La Grande Révolution qui vient et Kou l'Ahuri, 2e édition, Paris, Fustier. 1936.  Collection Ligue du droit au travail

- Duboin Jacques, Egalité économique, Paris, B. Grasset, 1939.

- Maillot Jean, La Révolution technique et ses conséquences. Préambule de Jacques Duboin. Paris, Groupe Collaboration, 1941.

- Duboin Jacques, Economie distributive de l'abondance, Paris Éd. OCIA, 1946

- Duboin Jacques, Demain ou Le socialisme de l'abondance, 3e éd., Paris Éd. OCIA, 1947. Autre édition en 1944.

- Duboin Jacques, Rareté et abondance, essai de mise à jour de l'économie politique, Paris, Éditions Ocia Coulommiers-Paris, 1945.

- Duboin Jacques, Les Hommes sont-ils naturellement méchants ?, Première lettre, Paris, Éditions Ocia, 1947.

- Duboin Jacques, Que faire devant l'insuffisance du pouvoir d'achat ? Conférence prononcée le 20 décembre 1947. Paris, ″les Echos″ ; Rouen 1948.

- Duboin Jacques, L'Économie distributive et le péché originel, Paris, Éditions Ocia, 1948.

- Duboin Jacques, Economie distributive de l'abondance, mesures transitoires, réponses aux objections. 3e édition. Paris, Éditions Ocia, 1950.

- Duboin, Jacques, L'Abondance est-elle possible ? Conférence donnée au Cercle parisien le 16 mai 1957. La Ferté-Macé, 1957. In-8, Cahiers laïques. N°40, juillet-août 1957

- Duboin, Jacques, Contribution à l'étude des bases de la nouvelle constitution. Que sera l'organisation de demain ?, Paris, Entreprise de presse, s. d.

- Duboin Jacques, L'Économie distributive s'impose, 3e lettre, Paris, Éditions Lecdis, 1950.

- Duboin Jacques, Économie politique de l'abondance, Paris 1953.

- Duboin Jacques, Les Yeux ouverts, Genève, Paris, Leheber ; Corbeil, 1955.

- Réflexions d'un Français moyen, Bulletin économique rédigé par Jacques Duboin. N°1, mai 1957, Paris, Ledis. 

- Duboin Jacques, Pourquoi manquons-nous de crédits ? Paris Ledis, 1961.

- Duboin Jacques, Kou l'Ahuri ou la Misère dans l'abondance ! Le Vésinet, M.L. Duboin, 1982

- Duboin, Jacques, Les Yeux ouverts, Nouvelle éd. mise à jour par Marie-Louise Duboin, Le Vésinet 1982

- Jacques Duboin, Le socialisme distributiste, présentation et choix de textes par Jean-Paul Lambert, 1998.

- Alfred Sauvy, Réformateurs, économistes, prophètes, Revue économique 1951, Volume 2 N°1, pp. 93-98

Le député Fernand David

1.       SA JEUNESSE

Naissance à Annemasse en 1869. Son père est receveur des contributions indirectes
Fréquente le lycée de Bourg-en-Bresse. A la Faculté de Lyon, il suit le cours de droit.
En 1893 il s’inscrit au barreau de Saint-Julien. Il défend les familles des victimes de la fusillade de Cluses du 18 juillet 1904.

2. LE DÉBUT DE SA CARRIÈRE POLITIQUE

- Conseiller général pour le canton d’Annemasse.

- Député (1898 à 1919). Il se présente en 1898 dans l’arrondissement de Saint-Julien. Facilement réélu en 1902, 1905, 1910, 1914.

Secrétaire de la Chambre de 1902 à 1905, membre de nombreuses commissions parlementaires, rapporteur du budget de l’Agriculture en 1906, 1908, 1910 et en 1911.
- Il fut 9 fois ministre de 1912 à 1914, puis en 1930. Au total, 4 ans et 5 mois. Il fut notamment ministre de Commerce dans le Cabinet Poincaré en 1912 et ministre des Travaux publics en décembre 1913. Ministre de l’Agriculture dans 5 gouvernements, pendant 35 mois.

Il était le protégé de Poincaré et d’Aristide Briand.

3. SES CONVICTIONS

- Défendre les campagnes 

Pendant la guerre, il assure la fin de la campagne agricole de 1914 et maintient la production.
Il dépose le 11 janvier 1919, un projet de résolution invitant le Gouvernement à accorder immédiatement des sursis agricoles.
F. David fut l’un des auteurs de la loi du 5 août 1920 qui élargit les compétences du Crédit agricole.
Président de la Société nationale de protection de la main-d’oeuvre agricole, Vice-président de la Société nationale d’encouragement à l’agriculture, Président de la section agricole de l’Association nationale d’expansion économique, Vice-président de la Fédération de la mutualité et de la coopération agricole...

- Défenseur de sa circonscription 

Il s’oppose au projet de tunnel ferroviaire du Col de la Faucille parce qu’il y voit une liaison directe entre la France et Genève qui marginaliserait l’arrondissement de Saint-Julien.
Il défend la zone franche. A son avis, la zone enrichit les campagnes. Après la guerre, il change d’avis et souhaite sa suppression. La presse suisse dénonce son revirement.
Il demande l’interdiction du pèlerinage tsigane de Sainte-Marie-de-la-Mer

- Un radical typique de son époque 

Fidélité à 1789 et à la démocratie. Défense de la laïcité. Il est franc-maçon. En 1904 il fait un mariage civil.

Il s’oppose au vote des femmes car il estime que leur éducation politique reste à faire.
En 1902 F. David écrit au préfet pour lui demander de se renseigner sur les opinions politiques de plusieurs personnes.
Il critique la CGT, anarcho-syndicaliste à l’époque.

Il est attaqué et insulté par la presse antisémite (1912).

- Un patriotisme vif

Très favorable à l’armée et à la colonisation.

4. SES DERNIÈRES ANNÉES

Fernand David est battu aux législatives de 1919.

En 1919 élu conseiller général à Saint-Gervais-Passy. Il devient sénateur (1920-1935), membre et président du conseil général de Haute-Savoie, président de l’office de tourisme.

En 1922-1923 Poincaré l’envoie négocier à Damas avec les Anglais pour faire cesser l’agitation anti-coloniale.

Ne soutient pas le radical Caillaux accusé d’avoir voulu négocier avec les Allemands pendant la guerre.

Il meurt à Paris en 1935.

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