HistoireduVuache

Histoire de la montagne du Vuache en Haute-Savoie. Non loin de Genève et de l'Ain. Au bord du Rhône. Communes de : Eloise, Chene-en-Semine, Arcine, Clarafond, Chevrier, Vulbens, Valleiry, Dingy-en-Vuache, Savigny, Minzier, Jonzier, Vers, Chaumont

Notes sur 1940-1944 - HistoireduVuache

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16.11.09

La frontière Haute-Savoie Genève, 39-45

fronti_reHSGLa frontière entre la Haute-Savoie et Genève, 1939-1945
Résister face aux occupants et au régime de Vichy

PROGRAMME

9h00-12h00 Présentation générale. Laurent NEURY

▪ Genève et ses quatre frontières : Vichy, les deux occupations allemandes, l'occupation italienne, Ruth FIVAZ-SILBERMANN

▪ Une frontière fermée, mythe ou réalité, Pierre FLOCKIGER

▪ La Suisse comme outil du sauvetage : les Juifs à la frontière franco-genevoise. Ruth FIVAZ-SILBERMANN

▪ « Va-et-vient d'une fermeture éclair » : les passages à la frontière franco-genevoise sous la Troisième République et sous Vichy. Sociographie des passeurs de frontière(s) de 1939-1945, Laurent NEURY

14h00-17h00       

▪ Les pères passeurs du Juvénat pendant la Seconde Guerre mondiale, Guénaél MORIO

▪ Les justes dans le clergé haut-savoyard portrait de groupe, Corinne BONAFOUX

▪ Le rôle de la presse genevoise dans la création du maquis savoyard (mars 1943), Claude BARBIER

L'affaire Carme : un des multiples secrets d'une frontière, Robert AMOUDRUZ

▪ Genève, échappatoire pour « collabos » frontaliers aux abois ? Luc VAN DONGEN

▪ La frontière franco-genevoise : un lieu de mémoire ? Laurent NEURY

13.01.09

Les Juifs dans les Alpes, 1938-1945

Le refuge et le piège : Les Juifs dans les Alpes - 1938-1945

Jean-William Dereymez juifs_alpes

Robert Redeker (Préfacier)

Paru le : 01/04/2008

Editeur : L'Harmattan 

Collection : La mémoire des Alpes

394 pages

Entre 1938, date de l'édiction par le fascisme italien des "Lois sur la race", faisant des Juifs étrangers vivant en Italie des expulsés en puissance et plongeant tous les Juifs italiens dans une situation précaire, et 1945, date de l'ouverture des camps d'extermination, la situation des Juifs dans les Alpes se dégrada à plusieurs reprises.
Peu nombreux dans l'entre-deux-guerres, au point que beaucoup de régions des Alpes les ignoraient, les Juifs se réfugièrent en nombre dans la partie française du massif, à portée de la Suisse, havre espéré, et Marseille, porte vers les Amériques. Certains parmi eux, du fait de la politique antisémite et xénophobe de Vichy et de l'occupation allemande - l'occupation italienne constituant, par un apparent paradoxe, un moment de calme propice à un nouvel afflux -, virent le refuge se muer en piège.
Même des lieux censés reculés n'échappèrent pas aux arrestations, rafles, déportations. Ces actes d'un colloque tenu à Grenoble en décembre 2004, dans le cadre du programme franco-italien Interreg " Mémoire des Alpes ", soutenu par l'Europe, la Région Rhône-Alpes, l'Assemblée des Pays de Savoie, les Hautes Alpes, permettent de faire le point sur un sujet jusque-là peu traité, surtout par sa perspective géographique, des deux côtés de la frontière, de Menton à Genève, de la côte ligure au Tessin ; par l'éventail des participants, italiens, suisses et français, mais aussi américain, israélien, par la richesse de ses problématiques, que résume l'interrogation : les Alpes furent-elles un piège ou un refuge pour les Juifs d'Europe persécutés ?.

Sommaire

  LOIS

La présence juive dans les régions alpines

Les caractéristiques de la législation anti-juive dans l'Italie fasciste

La presse française et l'antisémitisme en 1938

Le statut des juifs

Préfets et gendarmes français dans les Alpes face aux juifs réfugiés (1940-1944)

Les Alpes, la Suisse et les réfugiés politiques

  DEPORTATIONS

Des premiers recensement des juifs en Isère en 1941 au rafles de l'été 1942

Le cas de l'Isère

Le camp de Ruffieux et les déportations de 1942 en Savoie

Les juifs en Haute-Savoie pendant la seconde guerre mondiale

La déportation raciale depuis la province de Cuneo

  PARCOURS

Aux portes occidentales de l'Italie

Juifs étrangers dans l'arc alpin occidental

Pérégrinations des juifs étrangers dans les Alpes-Maritimes

Par la porte de secours

Oser Warzawski, un écrivain juif polonais dans les Alpes (1943-1944)

  RESISTANCES

Les juifs dans la résistance Azurienne

Des français suisses qui désobéirent pour sauver les juifs (1940-1944)

Prisonniers de l'espoir

Les juifs dans le sud du Piémont (1938-1945)

12.05.08

Paul Abrahams, Haute-Savoie 1939-45

note de lecture

Paul Abrahams

La Haute-Savoie contre elle-même : 1939-1945

Les Hauts-Savoyards vus par l’administration de Vichy

Edité par La Salévienne et l’Académie chablaisienne, 2006

Pour commander : http://www.la-salevienne.org/livresX.php?X=11

Un livre à encourager qui décrit la période de Vichy sans propagande, ni langue de bois, en utilisant les rapports officiels faits par l’administration de l’époque.

Un livre riche en informations sur la vie quotidienne, le pouvoir d’achat, les maquis, le marché noir etc.

Sommaire

I) La Révolution nationale

La Drôle de guerre, la Débâcle, triomphe de Vichy, Pétain, politique étrangère de Vichy, attitude / Britanniques

II) La réaction

Fin du consensus, la légion, le S.O.L., conditions matérielles, la survie en ville, ville et campagne, l’économie dirigée ça ne marche pas, attitude de l’opinion, antagonisme ville / campagne, conflits sociaux, la relève, le S.T.O., le clergé, les municipalités.

III) La résistance

Difficultés à vivre en hors-la-loi, le soutien aux réfractaires et maquisards, la milice, les mouvements de résistance, l’épuration, au lendemain de la Libération.

Citations

« Ayons le courage de le dire, au risque de tomber sous l’accusation de réflexe de défense corporatiste : l’histoire n’est pas la mémoire ». (intro de Christian Sorrel)

« L’histoire des périodes de crise n’est pas seulement celle des bons et des méchants » (idem)

« C’est également un ouvrage […] qui s’efforce d’échapper au débat débilitant relatif à la Résistance et à la Collaboration et qui examine au contraire les grandes préoccupations des Hauts-Savoyards, à savoir comment ils parvinrent à se nourrir, se vêtir et se chauffer pendant la guerre ». (Paul Abrahams, page 13)

« Jean-François Lyotard a beaucoup écrit au sujet des métarécits, des grands métarécits et des grands récits modernes, qu’il a décrits comme étant des récits universels essentiellement optimistes. Sa formule la plus célèbre est la suivante : En simplifiant à l’extrême, je définis le postmodernisme comme l’incrédulité à l’égard des métarécits“. Lyotard entendait par là que la condition postmoderne se caractérise par un scepticisme de plus en plus répandu à l’égard des métarécits, tels que la marche du progrès, qui ont, pense-t-on, contribué à façonner la pensée occidentale au cours de la période moderne. […] Les métarécits ayant trait à la France pendant la Deuxième Guerre Mondiale restent extrêmement forts. » (idem)

« Les métarécits courants relatifs à la Haute-Savoie sous Vichy sont entachés d’erreurs ». (idem)

« Les habitants des grands centres urbains commencèrent à souffrir des conditions de ravitaillement de plus en plus précaires et d’une aggravation des taux de mortalité. Les citadins rejetèrent sur les paysans et l’administration la détérioration de leur condition. […] Cette détérioration du niveau de vie […] prépara également le terrain pour les affrontements qui opposèrent les maquisards originaires des villes à de nombreuses communautés rurales catholiques. » (Paul Abrahams, page 17)

24.01.08

Chronique d’une France occupée

chronqueChronique d’une France occupée : les rapports confidentiels de la gendarmerie 1940-1945.

Jean-Marie Pontaut ; Eric Pelletier, Solène Durox, Julien Arnaud

Extraits

La nasse de Collonges-sous-Salève

Joseph détaille les événements qui l'ont conduit jusqu'ici depuis que sa famille a fui Leipzig en septembre 1939. […]. Au mois de septembre I942, ayant appris que allions être arrêtés et conduits en Allemagne, j'ai quitté Mornant avec ma femme et mes deux enfants et je me suis réfugié à Lyon. Depuis l’occupation de la zone libre par les troupes allemandes, je ne me sentais plus en sécurité à Lyon et j'avais décidé depuis quelques jours de me réfugier en Suisse avec mon fils Siegfried, âgé de treize ans. Ma femme est restée à Lyon avec notre fille, âgée de douze ans, 80, rue Rabelais, chez Mme B.», pré­cise-t-il. Le 10 décembre, à 6 heures, le père et le fils ont sauté dans un train et pris un bus qui les a conduits à Saint-Julien-en-Genevois, où ils sont arrivés vers 13 heures. « Nous avons attendu la nuit dans cette ville, puis, vers 21 heures, nous nous sommes dirigés vers Collonges, avec l'intention de franchir la frontière franco-suisse », reconnaît Joseph. […]

En 1942, avec la mise en place de la « solution finale » par I’AIIemagne nazie, les flux s'inversent. Cette fois, on fuit. Des couples et des familles tentent entières, de confession juive, comme les Garfunkel, tentent de passer la frontière, d'atteindre cette pointe avancée de la Suisse qu'est Genève. […]

« En arrivant au lieu-dit Pont-de-Combe, à proximité de Collonges, vers 22 heures. j'ai rencontré un homme paraissant être de nationalité étrangère, accom­pagné d'un enfant de douze ou treize ans. L'homme m'a demandé où il pourrait franchir la frontière franco-suisse, j en m'expliquant qu'il était juif polonais et désirait se rendre en Suisse avec son fils. [...] Je me suis mis en route vers Bossey ». […]

Écoutons maintenant le témoignage de Willi Wolfradt, « réfugié allemand », « de race juive », âgé de cinquante ans. Arrivé en France en avril 1933, il était assigné à résidence à Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), lorsque, en cette fin de décembre 1942, il tente de gagner la Suisse avec sa femme, Jeanne, un sac tyrolien sur l'épaule. […]

La famille Veil a ainsi témoigné que, le 25 décembre 1943, une certaine Geneviève Pittet a aidé leur fils, Antoine, à franchir la frontière à pied, depuis Saint-Julien-en-Genevois. Trois autres membres de la famille Veil auront la vie sauve, passant par le même iti­néraire. […]

Si des commerçants acceptent de fermer les yeux, d'autres signalent les allées et venues suspectes. […]

L'Hôtel du mont Salève, tenu par Auguste P., devient pour beaucoup le refuge d'une nuit, l'ultime étape avant la Suisse. Les paysans du coin ne sont pas dupes. Ils ont bien remarqué le manège. […]

Le 28 août 1942, en pleine nuit, les militaires planquent près du réseau de fils de fer barbelés qui marque la frontière franco-suisse. Ils savent ce qu'ils cherchent. « À 0 h 15, nous avons vu venir de la direction de Collonges et se diriger vers les fils de fer barbelés placés à l'extrême frontière les quatre personnes signalées. »

17.11.07

Brûlement de villages au pays du Vuache

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Robert Amoudruz

Brûlement de villages au pays du Vuache 1940-1945

Chronique du Genevois sous l’occupation

Editions la Salévienne 2004

Présentation du livre par Henry Chevalier (extrait du Quatre Pages publicitaire)

C'était il y a soixante ans. Le 16 août 1944, les Forces françaises de l'intérieur, avec leurs composantes principales : Armée secrète et Francs-tireurs partisans, passent à l'attaque pour libérer le département dé la Haute-Savoie sans aucune aide extérieure. Les objectifs ont été bien définis et répartis entre les diverses formations.

Dès le lever du jour, du Salève au Vuache la fusillade éclate. Tous les postes allemands de la zone frontalière sont attaqués. Pour la première fois, la population de cette région si proche de Genève entend le bruit des combats, le grondement sourd des explosions atténué par la distance, le claquement sec des fusils, le crépitement des rafales de mitraillettes et le miaulement strident des balles perdues. Au-delà du Rhône, la garnison allemande du fort de l'Ecluse, bien retranchée derrière les épaisses murailles de la forteresse, tire à la mitrailleuse lourde.

Le réveil est brutal.

Quelques paysans qui, comme chaque matin, se levaient très tôt pour traire les vaches, avaient bien vu des ombres se glisser furtivement pour rejoindre leurs postes de combat. Tout de suite, ils ont réalisé qu'en ce matin du 16 août 1944 une journée terrible commençait.

Les heures passent, lancinantes. Puis vient l'après-midi, toujours des tirs. Une rumeur circule, s'amplifie et se confirme : une grande partie des postes allemands ont été neutralisés. Ce n'est pas encore la joie car on dit qu'il y a des morts mais un certain soulagement s'installe qui a déjà un goût de liberté retrouvée. Bientôt le soleil décline à l'horizon.

Soudain, un cri repris par des milliers de poitrines : le feu...

Là-bas du côté du Vuache, sur les premières pentes du mont de Sion, des flammes immenses embrasent l'horizon. Ce sont des villages entiers qui brûlent.

Robert Amoudruz nous fait ainsi découvrir, pour les uns ou revivre, pour les autres, l'histoire dramatique de la libération de la zone frontalière du Genevois. Avec l'histoire des villages incendiés, des durs combats livrés, des habitants fuyant vers les bois et la montagne ou traversant la frontière suisse, des événements douloureux sont remis en mémoire.

Ce travail précis d'enquêtes, de recherches est, comme on peut le supposer, particulièrement pénible. Cette guerre de libération, elle-même issue d'une guerre secrète de trois années ne laisse que peu de traces. Les documents de cette époque sont peu nombreux. II était très dangereux pour les résistants de conserver des notes écrites. Le travail de l'historien en est donc d'autant plus compliqué. Constamment il faut être à l'écoute, rechercher encore, aller vers d'autres sources, solliciter d'autres résistants engagés dans ces opérations, avec tact et délicatesse, demander, écouter, analyser et enfin comparer les réponses obtenues avec les quelques documents retrouvés.

Avec sérieux Robert Amoudruz s'est courageusement impliqué dans cette recherche patiente. « Brûlement de villages au pays du Vuache » est ainsi le premier livre relatant cette période héroïque mais combien pénible, de notre histoire locale. A sa lecture, avec le tragique de cette guerre, comme le sont d'ailleurs toutes les guerres, les jeunes d'aujourd'hui pourront peut-être mieux apprécier le dévouement, l'abnégation des jeunes hommes de 1944 et le sacrifice librement consenti par nombre d'entre eux pour permettre à tous aujourd'hui de vivre libres et en paix.

TABLE DES MATIERES

1.    Faut-il oublier ?

2.   J’ai vu brûler mon village

3.  Une situation particulière

4.   Le temps du Maréchal

5.   Les outils du pouvoir

6.   La frontière

7.  L'armée secrète du lieutenant Charles

8.   Les FTP et la BRI

9.   La tension monte

10.  A la veille de l’insurrection finale

11. La journée du mercredi 16 août

12. La soirée du 16 août

1 3. La fin du cauchemar

14. De la Libération à la paix

Bibliographie et sources

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