HistoireduVuache

Histoire de la montagne du Vuache en Haute-Savoie. Non loin de Genève et de l'Ain. Au bord du Rhône. Communes de : Eloise, Chene-en-Semine, Arcine, Clarafond, Chevrier, Vulbens, Valleiry, Dingy-en-Vuache, Savigny, Minzier, Jonzier, Vers, Chaumont

A l'époque gauloise - HistoireduVuache

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24.07.09

Qui étaient les druides ?

Article du quotidien Le Monde sur les druides.

Juillet 2009

Extrait

Qui croire ? Pour l'historien et archéologue Jean-Louis Brunaux (CNRS), les druides ne sont ni de gentils professeurs ni de sombres sacrificateurs sanguinaires. Il faut, selon lui, voir le druidisme comme une école philosophique "à la grecque". Un mouvement qui aurait littéralement régné sur la Gaule entre le Ve et IIe siècle avant notre ère, avant de décliner pour disparaître tout à fait au tournant de l'ère chrétienne. Ainsi, lorsque César (100-44 avant J.-C.) part en campagne, en 58 avant notre ère, "il ne reste déjà presque plus de druides en Gaule, les derniers se font discrets et ne sont que des produits de l'institution pédagogique", assure Jean-Louis Brunaux.

Lire l’article en entier : http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/07/22/le-druide-ce-philosophe_1221515_3214.html 

19.10.08

Conférence sur les Gaulois

Conférence sur les Gaulois

Le 11 octobre, nous nous retrouvâmes entre membres parisiens de l’association d’histoire savoyarde La Salévienne.

Après le banquet, je fis un laïus sur les Gaulois.

A l’époque de Vercingétorix, les civilisations celtes (au pluriel) s’étendaient des Iles Britanniques à l’Asie Mineure.

Comme l’écrit sur internet l’archéologue britannique Simon James : « les différences entre ces "anciens-peuples-appelés-Celtes" furent au moins aussi importantes que leur commune "celticité". Ce que l’on considère habituellement comme l’identité culturelle celte (guerriers, druides, un art abstrait avec des courbes etc. etc.) est largement un mélange moderne provenant de sources dispersées dans le temps et l'espace. Les chercheurs des dernières générations ont créé une image arbitraire et généralisée d’une société celtique. Ils ont créé un moule dans lequel ils ont plongé des peuples anciens qui en réalité possédaient entre eux d'importantes similitudes, mais aussi de grandes différences - tout comme les peuples de l'Europe d'aujourd'hui ». 

L’époque dite « celte » correspond à l’Age du Fer qui au nord des Alpes commence vers – 800 ou – 600 et se termine avec l’arrivée des Romains.

On distingue trois épisodes.

- Les VIe et Ve s où, entre la Loire et l’Autriche, existent des sociétés dominées par de richissimes princes.

- Aux IVe-IIIe s, les princes disparaissent au profit d’une classe moyenne de guerriers. La zone celtique s’élargit sans qu’il y ait d’invasions massives, comme on le pensait naguère. On suppose désormais de modestes colonisations de peuplement, des déplacements de chefs ou des mouvements de mode.

- Aux IIe et Ier s. avant J.-C., les Celtes subissent l’attraction irrésistible du mode de vie romain.

Les Gaulois étaient les Celtes vivant en France, en Wallonie, sur la majeure partie de la Suisse et le nord de l’Italie.

Ils formaient un ensemble fortement éclectique. Chaque nation gardait ses particularités. En Aquitaine se mélangeaient des Gaulois, des Ibères et des Basques. Les Provençaux étaient influencés par les villes grecques du littoral (Marseille…) sans pour autant abandonner leurs particularités. Au nord-est, les liens semblent forts entre Gaulois et peuples germaniques.

Les Gaulois connaissaient l’écriture mais répugnaient à en faire un usage fréquent ; selon eux elle avait l’inconvénient de démocratiser la connaissance. Les druides n’existaient pas partout. « Leur existence peut avoir été limitée aux Iles Britanniques et une bonne partie de la Gaule, et avoir été inconnue chez la majorité des Celtes continentaux de l'Age du fer » (Simon James). Lorsque César entre en Gaule, l’institution druidique y est en voie de disparition. 

Jusqu’au IIIe s. av JC., les agglomérations sont rares. L’habitat se compose de fermes dispersées et de hameaux.

A la fin de la conférence, le public posa quelques questions.

- D’où vient leur langue ? Nous savons seulement qu’elle ressemblait au latin.

- A quoi servaient les oppida ? Il s’agit en général mais pas toujours d’agglomérations fortifiées. Les oppida de Haute-Savoie (au sommet du Vuache par ex.) servaient de camps militaires et de postes d’observation frontaliers.

- Les élèves ont-ils des cours sur la Gaule ? Non ce sujet ne fait pas partie des programmes.

La discussion permit d’apprendre que la fête celtique de Samain (1er novembre) célébrant les morts et l’arrivée du froid était encore fêtée en Lorraine il y a peu et ressemblait à Halloween.

Puis les discussions dérivèrent sur d’autres sujets comme les liens énigmatiques entre les Basques et les peuples du Caucase ou sur les possibilités hypothétiques de sauver les patois régionaux.

Concluons avec l’archéologue Simon James : les Celtes constituent « une famille de peuples brillants mais assez divers, qui seraient bien surpris de découvrir qu'ils sont appelés "Celtes" ». 

07.10.08

De bons livres sur les Celtes

quelques livres sérieux sur les Celtes

- Olivier Buchenschutz, Les Celtes, éditions Armand Colin civilisations, 2007.

L’auteur est directeur de recherches au CNRS et membre du Laboratoire d’Archéologies d’Orient et d’Occident à l’Ecole Normale Supérieure (ULM). Il a fait des fouilles à Levroux, au mont Breuvray et à Bourges. Archéologue classique et précis.

Pour l’auteur « le monde celte est une nébuleuse aux contours flous […] mais qui évolue selon certains paramètres fondamentaux communs au gré de modes si rapides que les chercheurs ont du mal à distinguer le point d’origine du point d’arrivée (pages 3 et 4) ». « Les progrès de la recherche nous permettent de saisir, aussi bien dans le domaine funéraire que dans l’habitat, des rythmes de changement à l’échelle chronologique de la génération. Nous entendons par génération une classe d’âge qui s’identifie à un événement, une mode, une pratique » (page 261).

- Jean-Louis Bruneaux, Nos ancêtres les Gaulois, Seuil, L’univers historique, 2008.

L’auteur est chercheur au CNRS (laboratoire d’Archéologie de l’ENS°. Il a dirigé des fouilles. Il publié un autre ouvrage sur les druides (Seuil, 2006).

Bon pédagogue, des idées audacieuses et stimulantes. Peut-être ( ?) a-t-il tendance à surestimer un peu le rôle des druides et à trop les comparer aux pythagoriciens grecs. Très influencé par les écrits de Posidonios.

-Barry Cunliffe, Les Celtes, éditions errance 2006.

A mes yeux, c’est le meilleur ouvrage sur la question. 

Il étudie l’ensemble du monde celte, des Iles britanniques à la Galatie.

Professeur d’archéologie à l’université de Southampton, titulaire de la chaire d’archéologie européenne à l’université d’Oxford. A fouillé de nombreux sites en Grande-Bretagne, en Andalosie et en Bretagne.

Très sceptique sur la notion de « civilisation celte ».

Cf :

http://en.wikipedia.org/wiki/Barry_Cunliffe

http://www.arch.ox.ac.uk/resources/staff_directory/barry_cunliffe

- On pourra aussi consulter les ouvrages de Charles Goudineau.  

- Patrice Brun et Pascal Ruby, L’âge du fer en France, premières villes, premiers Etats celtiques, La Découverte 2008. L’ouvrage clairement illustré adopte un plan purement chronologique, ce qui constitue une innovation appréciable dans cet ensemble. Le plan chronologique est beaucoup plus éclairant qu’un plan thématique.

- Consulter le site de Simon James, university teacher, qui remet en cause le point de vue traditionnel sur les Celtes.  

http://www.le.ac.uk/ar/stj/intro.htm

- Voir le dossier de Channel 4 sur les Celtes http://www.channel4.com/history/microsites/H/history/c-d/celts.html

- Voir le forum (en anglais) John Brelin’s Blog http://www.johnbreslin.com/blog/2004/09/05/irish-celts/#comment-262858 et notamment les interventions de Kennedy

- Cf l’article Les nations celtiques sont-elles celtes ? sur Blog Breizh, par Jean Lastennet, lundi 13 août 2007 http://blog.breizh.bz/?230-les-nations-celtiques-sont-elles-celtes 

05.10.08

Synthèse sur les Gaulois

LE MELTING-POT GAULOIS

Chez les historiens grecs et romains, les termes « gaulois » et celtique » sont synonymes. Par commodité, les historiens réservent le terme de « Gaulois » aux habitants de  la France actuelle, la Belgique, l’extrême Ouest de l’Allemagne, la Suisse et le Nord de l’Italie (Transalpine). On parle de « celte »  les autres zones. La Gaule - ou plutôt les Gaules comme disaient les Romains- ne coïncident pas avec la « France ».

La civilisation celte, basée sur le fer, naît vers - 1000 et à partir de 400 av. J.-C. gagne la « France ». Mais l'expression "gagne la France" est confuse. Cette civilisation est difficile à définir par des traits communs et ses frontières ne sont pas claires : les Celtibères en font-ils partie ? et les Ligures du littoral méditerranéen ? Et vers la Scandinavie, vers l'Europe centrale, où s'arrête-t-elle ?

Elle a considérablement évolué depuis l'époque des tombes à chars princiers (Ve s.) jusqu'à l'époque des villes et oppida qui commercent avec la Méditerranée. Peut-on même parler de civilisation celte ? Certains archéologues en doutent.

Les Gaulois ne sont pas une race : les études de squelettes montrent que les migrations du premier millénaire avant J.-C. ne pas modifient radicalement les caractères physiques de la population. Le mythe du Gaulois grand et blond vient d’un groupe de mercenaires belges « demi-Germains » dira César, de la dernière vague celtique ; les Gaulois n’étaient pas plus blonds que nous et la proportion de moustachus (signe de noblesse) devait être identique. Il y a 2 000 ans Tacite remarquait que certains Bretons ont l’air de Germains alors que d’autres passent pour Espagnols. 

A la conquête romaine, la civilisation gauloise ne meurt pas mais se mélange avec la culture latine à qui nous devons notre langue, nos lois, la construction étatique, la victoire du monothéisme chrétien etc. Nous ne sommes plus Gaulois. Les Gaulois sont exotiques. Les Gaulois nous sont étrangers. L’ancien s’est dissous dans le nouveau et inversement. L’histoire est fluide.

UNE LANGUE morte

La langue gauloise, apparentée au latin, reste mal connue. Il existe quelques comptes de potiers, calendriers, recensements, souvent en caractères grecs. Mais les textes importants (religieux, poétiques) restent oraux. Les Romains ne transcrivent pas toujours correctement la langue gauloise : Vercingétorix se prononçait Ouerkinguétoriks. L’usage du gaulois recule dès le IIIe siècle ap. J.-C. au profit du latin mais ici ou là, dans les campagnes, il résiste jusqu’au VIe siècle.

La langue française a gardé quelques mots gaulois. En Bretagne la langue gauloise se revivifie et se transforme grâce à des immigrés celtes venus entre 450 et 650 ap. J.-C. d’Outre-Manche.

DES COMMERcANTS MONDIALISÉS

Les Gaulois ne vivent pas repliés. Les premières monnaies qui circulent en Gaule vers - 300 sont des stratères macédoniens. Puis les motifs géométriques grecs sont transformés avec force spirales et fantaisies. Les vases grecs seront non pas copiés mais interprétés, les anses devenant des animaux fantastiques. Au 1er s av. J.-C., dans l’est de la France les Gaulois adoptent le système monétaire romain. Ils importent d’Italie du vin, de la céramique, de l’huile. De « Bretagne » (Angleterre) ils font venir l’étain. Ils exportent des métaux, du blé, des salaisons, du bétail, du cuir, des oies, des esclaves. Un bon réseau de routes, banques etc. aide au commerce. A Bibracte (vers Autun) on a trouvé un bassin antérieur à la conquête romaine, taillé selon des techniques méditerranéennes.

Quelques liens de qualité :

- http://www.musee-antiquitesnationales.fr/homes/home_id20686_u1l2.htm (musée de Saint-Germain-en-Laye)

- http://www.bibracte.fr/index.php (musée de Bibracte)

02.10.08

Vidéos d'archéologie celtique

J’ai groupé quelques séquences vidéo montrant des fouilles archéologiques relatives aux Gaulois (époque de la Tène, Age du Fer).

La plupart vient du site internet des archéologues de l’INRAP.

La liste n’est certainement pas exhaustive.

J’ai éliminé les sites fantaisistes et délirants à tendances celtomaniaques, celtophiles et celto-mabouls. J’ai aussi éliminé les sites sur la musique celtique.

L’OPPIDUM DE PONS

Aux IIe-Ier siècles avant notre ère, l'oppidum de Pons (Charente-Maritime) occupe l'extrémité d'un éperon. Son rempart a connu plusieurs états de - 200 à- 50 av. J.-C.

Les oppida sont des habitats groupés faisant fonction de place économique et de centre de pouvoirs politique et religieux.

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Actualites-des-decouvertes/Les-dernieres-decouvertes/2009-2008/p-2743-Le-rempart-monumental-d-un-oppidum-en-Charente-Mar.htm

http://www.inrap.fr/userdata/c_bloc/9/9695/420_9695_vignette_photo_01_redux.jpg

DEUX TOMBES A CHAR DANS L'OISE

Visite du site avec Sophie Desenne, archéologue responsable d'opération, et Ginette Auxiette.

Diffusion des savoirs de l’Ecole normale supérieure

http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1429

Colloque Celtes et Gaulois, l’archéologie face à l’histoire organisé par Christian Goudineau (Collège de France)

Enregistrements audios et vidéos de plusieurs moments du congrès

● village gaulois en Aquitaine 

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Audiovisuels/Reportages_videos/p-2172-Un_village_gaulois_au_nord_de_l_Aquitaine.htm

Une visite de site avec Christophe Sireix, archéologue responsable d'opération (Inrap), et Alain Duval, archéologue spécialiste de l'âge du Fer.

Au carrefour des territoires des Bituriges Vivisques (en Gironde, autour de Bordeaux), des Pétrucores (en Dordogne, autour de Périgueux) et des Nitiobroges (Lot-et-Garonne, autour d'Agen), Lacoste était un village d'artisans et de commerçants gaulois prospère.
En 2007-2008, la construction d'un gazoduc a été l'occasion pour une équipe de l'Inrap de fouiller une bande de 800 m de long sur 10 m de large, et d'approfondir les connaissances du site.

● La ferme gauloise de Vitré

Cf le site de l’Inrap

Visite du site avec Anne-Louise Hamon, archéologue responsable d'opération et Yves Menez, archéologue spécialiste de l'âge du Fer (Inrap).

En 2006, sur l'emprise de la future zone d'activité de la Grande Haie, à Vitré en Ille-et-Vilaine, une ferme gauloise, ayant fonctionné du IIIe au Ier siècle avant notre ère, a été mise au jour. Ce type de construction, original par son plan, était jusqu'alors inconnu dans la région.

Durée = 5'54''

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Audiovisuels/Reportages_videos/p-2062-La_ferme_gauloise_de_Vitre.htm

puits gaulois de Vieille-Toulouse

Visite du site avec Philippe Gardes, archéologue responsable d'opération à l'Inrap.

Le site gaulois de Vieille-Toulouse occupe l'extrémité d'un vaste plateau dominant le cours de la Garonne, à environ 5 km de Toulouse. Il correspond à un établissement probablement fortifié d'une centaine d'hectares, occupé de la fin du IIIème siècle avant notre ère au début du Ier siècle de notre ère.

Les fouilles ont permis la mise au jour de voies, d'habitats, de mobiliers et de monnaies, mais aussi de puits, dont la fonction reste mystérieuse.

Durée 4'41''

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Audiovisuels/Reportages_videos/p-1821-Les_puits_gaulois_de_Vieille_Toulouse.htm

● Le trésor de Laniscat (Côtes d'Armor)

Interviews d'Eddy Roy (archéologue responsable d'opération, Inrap), Michel Baillieu (adjoint scientifique et technique, Inrap), Sylvie Nieto (numismate, CNRS), Yves Menez (spécialiste de l'âge du Fer, Inrap), Stéphane Deschamps (Conservateur régional de l'archéologie, DRAC)

Un des plus importants dépôts monétaires celtiques mis au jour en Armorique, a été découvert à l'occasion de la fouille d'un tracé routier, à Laniscat, dans les Côtes-d'Armor.

Durée 5'26''

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Audiovisuels/Reportages_videos/p-1810-Le_tresor_de_Laniscat_Cotes_d_Armor_.htm

● De la ferme gauloise au Synchrotron  

Une restitution 3 D des 2 000 ans de transformation du paysage et de l'habitat, avec le concours d'Olivier Blin, archéologue et coordinateur des opérations, à l'Inrap.

Au cœur de l'Essonne, en Ile-de-France, le plateau de Saclay remonte à plus de 2000 ans. Depuis 7 ans, les archéologues de l'Inrap se sont attelés à la fouille de plus de 100 hectares. Ils ont ainsi mis au jour des vestiges permettant d'enrichir la connaissance de l'histoire du plateau.

On verra en particulier une ferme gauloise du 1er s. av J.-C.

Durée 10'37''

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Audiovisuels/Reportages_videos/p-1307-De_la_ferme_gauloise_au_Synchrotron_soleil.htm

quai gaulois sur la Marne 

À l'occasion d'un projet immobilier, une fouille archéologique menée en 2007 a révélé la présence d'un ancien bras de la Marne et d'un quai gaulois exceptionnellement conservé.

Durée 5'56''

Visite du site avec Corinne Charamond, archéologue responsable d'opération de l'Inrap.

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Audiovisuels/Reportages_videos/p-1164-Un_quai_gaulois_sur_la_Marne_a_Chelles.htm

sur l'A19, tombes en silos de Neuville-aux-Bois

La découverte de "silos-sépultures" au printemps 2006, le long du tracé de l'A19 à Neuville-aux-Bois (Loiret), est à mettre en relation avec les nécropoles mises au jour en Seine-et-Marne depuis une quinzaine d'années qui ont permis une nouvelle lecture des pratiques funéraires de l'Âge du Fer.

Durée 5'01''

Visite avec David Josset, archéologue responsable d'opération de l'Inrap.

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Audiovisuels/Reportages_videos/p-1176-Trace_de_l_A19_Les_tombes_en_silos_de_Neuville_aux.htm

Gaulois en guerre contre les Romains 

Vidéo de TF1 (2002)  tournée sur le site archéologique de Bliesbruck (Moselle)

Site internet « Légion VIII Augusta »

http://www.leg8.com/videos/video%20tf1.php

SEMINAIRE ARCHEOLOGIE DES SANCTUAIRES CELTIQUES.

ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE

Séminaire 2006 de Olivier Buchsenchutz et Lionel Pernet

http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1410

Par ordre chronologique :

·         2 juin 2006 - Reflet archéologique des rituels religieux antiques : sacrifique, ex voto, consécration, fêtes périodiques, lustration

·         Piétés septentrionales et sanctuaires méditerranéens

·         Le site du Cailar (Gard) et les restes humaines dans les habitats et les sanctuaires celtiques 

·         Les pratiques cultuelles chez les Vénètes : nouvelles données

·         Sanctuaires et dépôts monétaires sur les cols alpins

·         Archéologie du rituel en Gaule romaine : quelles performances ? quels changements ?

·         Le sanctuaire de Titelberg

·         Recherches archéologiques sur les pratiques religieuses : bilan et perspectives

23.09.08

Le crépuscule des Celtes

Une émission de TV sur "le crépuscule des Celtes".

C’est formidable, Internet. Je viens de voir l’excellente émission du 14 janvier 2008, enregistrée sur le site de la Télévision Suisse romande. [l'émission n'est plus en ligne, semble-t-il, note du 5 octobre 2008]

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000#page=top50;vid=8554862 

Dans le Plateau suisse, la colline du Mormont, sur les communes de la Sarraz et d'Eclépens, comté de Vaud, était un grand sanctuaire celtique ( = Gaulois de la nation helvète). Pas moins de 260 fosses ont été fouillées dans une carrière, révélant des rituels en usage entre 120 et 80 avant J.-C., soit une cinquante d’années avant l’arrivée de Jules César à Genève (- 58). Il semble que ce site ait eu une existence brève.

C’est un des plus grands sanctuaires à ciel ouvert du monde celtique. Il contenait des fosses profondes et coniques (trois mètres parfois), remplies avec des offrandes (poteries, armes, outils de forgerons, bœufs et chevaux sacrifiés, corps humains). Sans doute des offrandes faites à des divinités souterraines ou de la fertilité. On peut imaginer que les cérémonies s’accompagnaient de grands banquets rituels. La religion possédait une extraordinaire emprise sur la population.

Les archéologues réalisent sous nos yeux la reconstitution dessinée d’un sacrifice de cheval. Ce cheval venaient probablement d’Italie et devait valoir une fortune, un peu comme une Ferrari moderne… Les Gaulois sacrifiaient ainsi à leurs dieux les choses et animaux auxquels ils étaient le plus attachés. Si on veut obtenir un soutien des dieux, il faut y mettre le prix.

Les corps humains au fond des fosses étaient souvent démembrés, désarticulés, avec des traces de coups d’épée sur les crânes. Parfois la mâchoire inférieure avait été détachée du reste. Faut-il conclure à l’existence de sacrifices humains ?

Pour en savoir davantage, les journalistes ont interrogé Christian Goudineau, grand spécialiste des Celtes. En effet, les textes romains parlent souvent de ces sacrifices cruels. Ont-ils raison ? Les auteurs romains étaient-ils correctement informés ? Il semble que oui. Faut-il en conclure comme eux que les Celtes étaient des sauvages, des primitifs ? Ne faut-il pas au contraire remettre en cause cette opposition simpliste et fictive entre « civilisés » et « sauvages » ? De nombreuses civilisations brillantes comme les Aztèques ont pratiqué des sacrifices humains. Rappelons également que pendant longtemps l’Eglise catholique se montra tout aussi cruelle (Croisades, Inquisition, bûchers…). Des pratiques difficiles actuellement à comprendre pour nos esprits sages et policés.

A Mormont on a trouvé des ossements de petits enfants « mis en scène » avec du mobilier funéraire. Pourquoi ?

Les corps des adultes étaient généralement démembrés, mais pas toujours. On a découvert deux corps entiers accompagnés d’es offrandes (céramiques). Ils étaient accroupis dans des coffres. Faut-il y voir l’inhumation de des druides ? En tous cas, ils devaient être des personnages importants pour qu’on leur permettre d’être enterrés dans un sanctuaire. On sait que chez les Celtes, être assis en tailleur était une marque du sacré. Les druides étaient des sortes de mages, de sorciers. Pas des prêtres, mais des aristocrates spécialisés dans les activités religieuses. Ils étaient cultivés, en particulier en astronomie.

Pas très loin de Mormont, proche du lac de Neufchâtel, se trouve le célèbre site archéologique de La Tène, découvert il y a un siècle. Des armes avaient été dispersées dans l’eau avec des ossements. A la suite d’une bataille, a-t-on pensé pendant longtemps. La moitié des crânes étaient ceux d’enfants et de femmes et portait des entailles de coups. Représailles sur une population civile dont les hommes étaient morts à la guerre ? Pas du tout. On sait maintenant que ces ossements ne résultent pas d’un combat mais d’un rituel religieux. Les os appartenaient au même groupe de population, un village, une communauté. Près d’un pont, des perches soutenaient des guerriers morts au combat, peut-être afin de leur rendre hommage.

Il existe en France, à Gournay-sur-Aronde, un autre sanctuaire gaulois à ciel ouvert qui a été fouillé et dont l’histoire est maintenant connue. Le documentaire montre de belles reconstitutions dessinées qui tentent d’imaginer à quoi il pouvait ressembler.

Que d’idées reçues sur les Gaulois s’évanouissent grâce au travail patient et méticuleux des archéologues. Nous apprenons que les Gaulois étaient d’excellents artisans (potiers, forgerons) et qu’ils avaient des villes (oppida). Ils se livraient à un actif commerce international.

Ce documentaire est une illustration du travail des archéologues. Un travail qui ressemble au plaisir du détective. Le bonheur de comprendre, chercher, reconstituer. On fait un puzzle avec deux ou trois pièces seulement ; et il manque tellement d’informations. Il y a dans ce métier une part de rêve et d’imagination, mais elle doit reposer sur la rigueur. Il importe de séparer l’enquête du rêve, de ne pas confondre les deux.

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=7087787 

http://zebrablog.net/sugus/index.php/2006/11/04/335-nos-ancetres-les-helvetes-les-celtes-du-mormont 

http://www.nike-kultur.ch/fileadmin/user_upload/Bulletin/2007/04/PDF/artikel_kaenel.pdf 

21.09.08

Les Celtes ont-ils existé ?

Vu ce texte excellent du 18 avril 2007, sur le site d'Archéolandes, consacré à l'archéologie dans le Grand Sud-Ouest. On lira avec profit les chroniques de ce site qui intéressent au-delà de leur région. Voir la page "forum".

http://www.archeolandes.com/forum/index.php

logo2b12

Je fais du copier-coller.

Extrait d’Archéolandes :

« Les archéologues britanniques ont le chic pour remuer le cocotiers des certitudes : après John Collis et Peter Wells, Simon James s'illustre dans la remise en cause de la "celticité" de l'Europe à l'Age du Fer (telle que développée en France par des historiens souvent déconnectés du terrain) en réalisant un site internet (qui doit beaucoup à son ouvrage "The Atlantic Celts : Ancient People Or Modern Invention ?") sur le sujet : http://www.le.ac.uk/ar/stj/celtindex.html

in english, of course !

celtslogo5

Pour mémoire, un copier-coller d'un autre post de ce forum:

- COLLIS J. "Celts: Origins, Myths and Inventions"  (2001). L'auteur est non seulement archéologue de l'âge du fer, mais il est surtout un spécialiste européen des Celtes. […]

Très récemment, Barry Cunliffe à signé "Les Celtes" chez In Folio, collection Illico : cet ouvrage au format poche, peu coûteux et rédigé par un auteur connu est excellent pour comprendre les réserves que l'on peut avoir sur le peuplement de l'Europe durant l'Age du fer.

Pour rappel, deux articles de John Collis peuvent être consultés :

http://www.archeolandes.com/cms/index.php?page=aquitains-et-vascons

- John Collis, Celtes, culture, contacts, confrontation et confusion, in Aquitania, XII 1994.

http://www.archeolandes.com/documents/celtes.pdf

- COLLIS (J.) : 1998 : « Los Celtas Antiguos y Modernos », in. Arenas (J.-A), Palacios (M.-V.) (dir.) : El origen del mundo celtibérico, Actas de los encuentros sobre el origen del mundo celtibérico, Molina de Aragón, 1998, Guadalajara, 1999, p.13-20.

http://www.archeolandes.com/documents/celtas.pdf

Dans une émission sur RadioFrance il y a quelques mois, C. Goudineau et d'autres mettaient en évidence la nouvelle tendance des chercheurs européens dans le domaine de l'étude de l'Age du fer [...] à savoir que si l'on emploie le terme de "celte" pour désigner des populations occidentales protohistoriques [= entre la Préhistoire et l'Histoire], il ne faut plus en parler pour le dernier millénaire et avec en fond la notion d'invasion ou de migration, mais bien se rendre compte qu'il existe des populations, héritières du Chalcolithique (campaniforme ?) [entre la Préhistoire et l'Age du Bronze] qui ont développé des traits communs, commercent ensemble, sans pour autant que cela soit un bloc indissociable.

Barry Cunliffe évoque d'ailleurs l'existence d'une langue ou d'un ensemble d'idiomes proches au niveau de l'arc atlantique [Ouest européen] durant l'Age du Bronze, nécessaire à la diffusion d'une culture matérielle proche, voire commune, ce qui relativise l'habituelle théorie de la diffusion d'une langue "celte" quelques siècles après.

La question du peuplement protohistorique en Occident est donc beaucoup plus complexe que l'habituel schéma d'une unique culture (dite "celte") diffusée en quelques siècles au cours du dernier millénaire.

On a bien réussi à faire le deuil de la "civilisation des champs d'urnes", pourquoi pas de "civilisation celte"?

Hervé. »

15.09.08

Les Allobroges

«les allOBROGES. GAULOIS ET ROMAINS DU RHÔNE AUX ALPES»

Exposition au Musée Dauphinois, Grenoble, 30 rue Maurice Gignoux, jusqu’au 15 SEPTEMBRE 2003.

Plusieurs musées (Annecy, Genève, Saint-Romain-en-Gal...) ont prêté des pièces pour cette exposition sur les Allobroges. Un catalogue permet d’approfondir.

Le nom Allobroge signifie "transférés d’un autre lieu", autrement dit : immigrés, gens du voyage. Il pourrait s’agir du même peuple que ces Gésates rhônalpins (le gaesum est une lance), mercenaires effectuant des raids de pillage en Grèce (à Delphes) et en Anatolie au début du IIIe siècle avant notre ère puis revenant en Gaule du Nord et du Sud avec des bijoux et des rites nouveaux. En - 232 et - 222 on les signale en Italie.

A partir du IIIe siècle av. J.-C. les Allobroges occupent un territoire correspondant grosso modo à la Savoie, la Haute-Savoie, l’Isère et le canton de Genève. Là cohabitent plusieurs cultures, avec une nette différence entre les Gaulois de l’avant-pays et les habitants des Alpes centrales, moins celtisés.

Loin de l’image trompeuse du petit village gaulois frileusement replié sur son « identité » (un mot qui ne veut rien dire), les Allobroges contrôlent une partie de l’axe rhodanien et possèdent ainsi une place de choix sur les grandes routes commerciales du Nord et du Sud de l’Europe. Ils exportent vers la Méditerranée de la résine, des fromages, de la laine, du cuir et importent d’Italie de la céramique et des amphores, du vin et de l’huile.

Dans leur capitale (Vienne) on a trouvé des murs avec du mortier de chaux, technique plus italienne que celtique. Leurs monnaies s’inspirent de modèles grecs, carthaginois et romains.

A Genève, bourgade allobroge, on a mis à jour des traces de sacrifices humains à but religieux (entre les IVe et IIe siècle av. J.-C.), coutume typiquement gauloise. Après - 100 les mentalités changent et les Genevois façonnent une grande statue en bois placée sur une colonne, à l’imitation des Romains qui honoraient ainsi des divinités ou des notables dans leurs ports.

Les Allobroges sont battus par les armées romaines en - 121 et les vainqueurs incorporent leur territoire à la nouvelle province de Narbonnaise.

Les Allobroges se romanisent de plus en plus. Annecy (Boutae) édifie un théâtre, un forum bordé d’une basilique, des thermes, des temples. Voir aussi le char de parade de Verna (Isère) qui mêle traditions celtiques et romaines. La vaisselle se romanise sans jamais abandonner les formes et techniques indigènes. Certains privilégiés reçoivent la citoyenneté romaine.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi en - 58 les Allobroges restent fidèles à Rome malgré les offres de Vercingétorix. Il faudrait être fou pour préférer une nouvelle boucherie à la paix et à la modernité du roman way of life.

La romanisation s’accélère. On construit des villas de style romain (Saint-Romain-de-Jalionas, Isère, et Saint-Paul-lès-Romans, Drôme). Le modèle est parfois transformé pour mieux s’adapter au climat local (fouilles de Vienne). Certaines possèdent des mosaïques luxueuses, ainsi à Clonas-sur-Varèze et à Poliénas, en Isère. Les notables s’intègrent à la high society impériale, tels ce Viennois nommé Asiaticus qui monte à Rome et devient l’ami personnel des empereurs Caligula et Claude (premier siècle de notre ère). Les dénominations des Viennois témoignent d’une double influence linguistique, latine et celte.

Les Allobroges deviennent un parfait exemple du melting pot romain que vante Claude dans un discours célèbre : « A-t-on à regretter que les Balbus soient venus d'Espagne et d'autres hommes non moins illustres de la Gaule Narbonnaise ? Leurs descendants sont encore parmi nous et leur amour pour notre patrie ne le cède pas au nôtre. » (selon Tacite, Annales).

Voyez également cet Eloge de Rome par Aelius Aristide en 143 : « Cette vieille parole si souvent répétée que la terre est la patrie commune des hommes, vous en avez fait une réalité vivante ».

Ainsi, les Allobroges/Gésates forgent une « identité » jamais immobile, complexe et difficile à définir parce que ouverte au monde et influencée par les cultures voisines. Une « identité » fluide.

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