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15 juin 14

Caliban et la sorcière, par Silvia Federici

Conférence du 12 juin 2014 à Genève : « Caliban et la sorcière » avec Silvia Federici

Conférence co-organisée avec les Editions Entremonde.   

caliban

L’AUTEUR
Silvia Federici (née en 1942 en Italie) est une universitaire américaine, enseignante et militante féministe radicale. Elle est professeur émérite et chercheuse à l’Université Hofstra à New York.

Notes prises pendant la conférence :

L'auteure travaille avec le mouvement féministe dès les années 1970. Sa réflexion l'a amené à constater que la raison des discriminations pesant sur les femmes tient au fait que leur travail n'est pas rémunéré, et par là devient là "naturalisé", "invisibilisé".

Deux blocages ont empêché l'émancipation des femmes : le rôle du profit dans l'économie capitaliste et la propension du socialisme à privilégier les catégories sociales au détriment de l'opposition hommes/femmes. Pourtant le travail des femmes permet à la force de travail de se reconstituer et de fonctionner. Le rôle de la ménagère est central.
Le mouvement anticolonialiste avait déjà remarqué que le prolétariat (masculin) des métropoles n'était pas forcément le principal moteur du changement.
L'auteure a voulu plonger dans l'histoire pour voir comment le capitalisme a marginalisé les femmes. 

Le Moyen Age, contrairement à ce que l'on pense, n'est pas statique. On y constate des luttes continuelles. Les guerres paysannes de la fin du Moyen Age marquent une crise du féodalisme. Les marchands provoquent un mouvement contre révolutionnaire. Les paysans sont expulsés de leurs terres, les communaux sont privatisés. La production et la vie privée deviennent des sphères séparées, l'activité productrice se sexualise car les femmes en sont exclues. Les femmes enceintes sont surveillées par les voisins et les sages-femmes. Celles qui avortent peuvent être décapitées.
C'est l'époque où l'économiste Jean Bodin (1529-1596) constate que la force d'un pays se fonde sur le nombre d'habitants davantage que sur l'étendue des terres ou la hauteurs des murailles.
Cette faim de travail a poussé à la Traite des Noirs.
La chasse aux sorcières ne relève pas d'une superstition médiévale. Il faut la mettre en relation avec l'accumulation des forces de travail mise en place par le capitalisme. On accuse les sorcières d'être une secte infanticide afin de forcer les femmes à procréer. On leur enlève leur autonomie dans le but de produire davantage. Les sorcières sont accusées d'adopter un comportement sexuel débridé. On dénigre les mendiantes.
On veut détruire les comportements féminins incompatibles avec la capitalisme. La sorcière est en quelque sorte la "terroriste" du XVIe s.
On mécanise les corps.
Il en est de même dans les colonies. Les conquistadors accusent les Indiens d'être des adorateurs du diable. Les femmes indiennes sont persécutées parce qu'elles s'opposent à la colonisation.

Pour l'auteure, nous vivons dans une époque qui ressemble aux XVIe et XVIIe s. La globalisation provoque une contre révolution hostile aux mouvements émancipateurs des années 1960 et 1970. Les immigrés sont l'équivalent actuel des mendiants et vagabonds du XVIIe s. Les crimes contre les femmes se multiplient en Inde et en Afrique. Les fondamentalistes chrétiens et évangélistes ont réintroduit la notion de sorcières.
Le passé n'est pas passé. Les sorcières cherchent justice.

Lien : http://www.entremonde.net/caliban-et-la-sorciere


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