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29 mai 14

Racines médiévales de la démocratie

Aux racines médiévales de la démocratie

Conférence du 5 avril 2014 à Saint-Symphorien (Andilly, Haute-Savoie).
Par Fabrice Mouthon, professeur à l’université de Savoie.

Compte-rendu

Lorsque l’on pense aux sources lointaines de la démocratie, on invoque habituellement l'antiquité athénienne ou le philosophe Montesquieu. On n’a pas l’habitude de citer le Moyen Age. Et pourtant… Le Moyen Age est une période plus complexe qu’on ne le pense.

Entre 500 et 1000 on observe l’existence d’assemblées locales d’hommes libres, les vicaries, les centaines. Peu à peu, c’est un homme nommé par le roi qui les préside, le vicaire ou le centenier. Il s’entoure d’une dizaine de petits notables qui servent de jury et d’arbitres dans les conflits entre communautés villageoises.

Vers 850 se produit un grand tournant territorial et politique, l'encastellement. Les seigneurs prennent de plus en plus de pouvoirs. Des villages nouveaux se créent autour de l’église paroissiale et du château.

L’assemblée locale réunit les voisins d’un même ensemble. Ils désignent des représentants, les prud’hommes, les jurés, les procureurs… L’assemblée négocie avec le seigneur à propos du partage des pâturages, des taxes etc. Entre ces deux parties un contrat s’établit. Le seigneur promet de respecter la communauté et réciproquement.

Il arrive que pour éviter une révolte, ou parce qu’il a besoin d’argent, le seigneur octroie des droits nouveaux à la communauté (une ville, parfois un village). Une localité qui a ainsi obtenu des droits conséquents, qui est devenue plus moins libre, prend le nom de commune. Elle se choisit des représentants. Les membres de l’exécutif local se nomment les échevins, les consuls, les syndics. Une sorte de sénat local les surveille.

Dans certaines communes italiennes (Florence par exemple), le pouvoir est confié à une sorte de gouverneur venant d’une autre cité, le podestat, à qui l’on prête des vertus de sagesse et d’autorité. Puis, de plus en plus, les maîtres artisans acquièrent de plus en plus d’influence.

Ces communes sont-elles vraiment démocratiques ? Il faut bien reconnaître qu’elles tendent à l’oligarchie. Les riches gouvernent et se cooptent alors que les pauvres sont spectateurs. Cela a toujours été la grande fragilité de la démocratie.

Il arrive que ces communes se fédèrent en petits ensembles. Les Dithmarschen du nord de l’Allemagne réussissent à protéger leur indépendance jusqu’en 1559. Dans la Suisse médiévale, existent trois petits Etats : la Confédération helvétique, le Valais et les Ligues grises.

 

 


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