Histoire du Genevois

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18 nov. 12

Généalogie des Nerfin, conférence

Maison Dufour, Genève
http://www.maison-dufour.ch/Dufour-vie.php

Conférence de généalogie sur la famille Nerfin

Auteurs : Henri et Marie-Jeanne Nerfin
Membres de la Société Genevoise de Généalogie         
http://www.gen-gen.ch/

13 novembre 2012

Le premier acte sur cette famille mentionne Aymeric Narfin qui vivait à « Meyrins » en 1434. Meyrin est une commune suisse située à quelques kilomètres au nord de Genève, à côté de l’actuelle frontière franco-suisse.
Cet acte est une reconnaissance pour le seigneur de Peney. Les Narfin dépendent dudit seigneur pour une parcelle de bois « en feuillasses ». Ce lieu-dit existe encore à l’ouest de l’aéroport de Cointrin. Il est précisé que si les Narfin n’ont pas de descendants, le droit de mainmorte s’appliquera et le seigneur pourra récupérer cette parcelle. Il s’agit donc d’une famille de mainmortables, c’est-à-dire de paysans pas forcément pauvres, mais sur qui pèse une dépendance juridique et symbolique assez nette.

Les conférenciers ont la sagesse de ne pas citer la totalité de l’arbre généalogique. Ils nous disent seulement qu’ils ont travaillé aux Archives d’Etat de Genève, aux Archives du canton de Vaud, aux archives municipales de Fourney. Ils présentent sur un écran les photos de reconnaissances seigneuriales avec leur belle calligraphie. Beaucoup de membres de cette familles sont cités au XVe s.

Les Narfin étaient dépendants de l’ancien prieuré Saint Jean de Genève, sur la rive droite du Rhône. Son église détruite en 1536 dépendait de l’abbaye d’Ainay à Lyon. 28 églises dépendaient du prieuré. Il avait des liens avec Saint Romain de Romainmôtier.
http://www.romainmotier.ch/contenu/index.php?option=com_content&view=article&id=60&Itemid=123

En 1536 les Bernois envahissent la région et notamment le Pays de Gex. Celui sera rendu à la Savoie une trentaine d’années plus tard. En 1549 les Bernois lèvent un impôt pour rembourser d’anciennes dettes contractées par le duc. Dans les rôles fiscaux les habitants sont mentionnés avec leur fortune, leur bétail etc. Cela nous permet de savoir qu’à Meyrin vivaient 28 familles. Cinq d’entre elles possèdent 65 % de la fortune du village.

La période qui suit est faite de violences et d’intolérances religieuses. La région de Meyrin, rendue au duc, voit diminuer les libertés concédées aux protestants. Leurs temples sont rasés, ils ont de moins en moins d’écoles, ils sont exclus de certaines fonctions officielles.
Les conférenciers qualifient cette période de « délicate » et dressent l’éloge de l’œcuménisme.

L’exposé suivant parle des sorcières. En effet en 1609 une Clauda « Narphin », âgée d’environ trente ans, est accusée de sorcellerie. Elle subit un procès à l’issue duquel elle est libérée et bannie. Tout au long du procès elle garde son aplomb. Accusée par des personnes qu’elle qualifie de « démoniaques » elle nie. Toute l’affaire semble venir du fait qu’un jour, en revenant du puit, elle avait donnée à boire à des ouvriers. L’un d’eux qui était réputé pour avoir une bonne santé était tombé malade. Pendant le procès Clauda est torturée. Elle subit le supplice de l’estrapade : on lui attache les mains dans le dos et on la hisse, ce qui disloque ses épaules. Clauda crie mais n’avoue rien. Elle est relachée.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Estrapade_%28supplice%29

La répression contre les sorcières a duré longtemps dans la région, de 1420 jusqu’à 1782. Cinq mille personnes furent incriminées. Plus de trois mille cinq cent furent tuées, dont 60 à 70 % de femmes.
La répression frappe toute l’Europe mais à Genève on a tué dix fois plus de « sorcières » qu’au royaume de France.
La majorité des victimes ont tuées à la période de la Renaissance, une période pas aussi magnifique qu’on le dit généralement. Il y a deux vagues de répression, la première en 1480-1520 par les tribunaux religieux, et la seconde en 1580-1630 par des tribunaux séculiers. Le maximum de la répression a lieu en 1608-1666.
La répression contre les sorcières s’explique par la montée en force de l’Etat. Elle particulièrement nette dans les zones de conflits religieux comme la frontière Savoie/Genève.

Comme si ces malheurs ne suffisaient pas, au XVIIe s la peste touche la région.

Peu avant 1700 les Narphin quittent Meyrin pour Founex, au bord du lac, un peu plus au nord.
En 1712 Pierre Narphin est reçu bourgeois de Founex. Son fils Jean Gabriel né en 1711 acquiert beaucoup de parcelles. A sa mort il laisse quatorze hectares de terre.
L’orthographe du nom varie : Nerphin, Nerfin, Nerffin…

Les auteurs de la conférence concluent en parlant spiritualité et œcuménisme.

 


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