Histoire du Genevois

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13 août 10

Ferney-Voltaire

Ferney-Voltaire

En 1758, déjà âgé, le philosophe Voltaire s’installe à Ferney, minuscule village tout proche de la République de Genève (pas encore suisse). Il craint la censure et la répression de Louis XV, il veut se rapprocher de son éditeur genevois.

Il y vit avec Marie Louise Mignot (1712-1790) épouse Denis, sa nièce et amante. Elle est beaucoup plus jeune, très ronde, peu intellectuelle mais sincèrement intéressée par la musique et le théâtre, Elle est aussi très intéressée par l’argent.

Voltaire rase le vieux château féodal et construit un bâtiment de style classique auquel il ajoutera deux ailes pour loger ses invités, toujours nombreux. A table, ils étaient parfois plus de cinquante dans une petite pièce.

A Ferney, Voltaire tente de constituer un petit Versailles. Il est fasciné par ce modèle : la cour qui l’entoure, la livrée des domestiques, la symétrie parfaite du château et du parc.

Il tient à rester le centre de l’attention générale. Toutefois lorsque ses invités l’ennuient, il s’enferme dans sa bibliothèque et délègue Mme Denis pour les recevoir.

Il montre sa méfiance envers les religions en dénommant les 12 tribus, son potager divisé en douze plates-bandes.

Son emploi du temps est chargé : correspondance, réceptions, rédaction de ses ouvrages, mise en scène de ses pièces de théâtre.

Dans le village, il s’occupe d’urbanisme, lutte contre les marais insalubres, favorise le progrès technique en agriculture. La population est multipliée par dix.

Contrairement à ce qu’il espérait, il meurt à Paris en 1778. La nièce vend le domaine, les meubles sont dispersés, les livres partent à Saint-Petersbourg où ils se trouvent encore. Le domaine est dépecé, les arbres envahissent le parc, des cloisons sont abattues pour agrandir les pièces.

La visite est courte et passionnante. Belles couleurs des pièces.

Une exposition de photos sur la mémoire et le pouvoir vient d’être affichée : photos de Balzac, souvenirs de Napoléon Ier etc.

On va bientôt réaménager l’église et le parc, en mauvais état.

Textes de VOLTAIRE

FANATISME

En général, il vient de ce que les législateurs ont eu des vues trop étroites, ou de ce qu’on a passé les bornes qu’ils se prescrivaient. Leurs lois n’étaient faites que pour une société choisie. […]

Il est affreux de voir comment l’opinion d’apaiser le ciel par le massacre, une fois introduite, s’est universellement répandue dans presque toutes les religions, […]

Les dieux à leur interprète
Ont fait un étrange don:
Ne peut-on être prophète
Sans qu’on perde la raison. […]

Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités et ses imaginations pour des prophéties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique. […]

Le plus détestable exemple de fanatisme est celui des bourgeois de Paris qui coururent assassiner, égorger, jeter par les fenêtres, mettre en pièces, la nuit de la Saint-Barthélemy, leurs concitoyens qui n'allaient point à la messe.

Il y a des fanatiques de sang-froid : ce sont les juges qui condamnent à la mort ceux qui n'ont d'autre crime que de ne pas penser comme eux ; et ces juges-là sont d'autant plus coupables, d'autant plus dignes de l'exécration du genre humain que, n'étant pas dans un accès de fureur, comme les Clément, les Châtel, les Ravaillac, les Gérard, les Damiens, il semble qu'ils pourraient écouter la raison. Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. […] 

Il n'y a d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal. […]

Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage : c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre.

Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? […]

Oeuvres complètes de voltaire  dictionnaire philosophique, article fanatisme.

http://www.voltaire-integral.com/Html/19/fanatisme.htm

TOLÉRANCE

Qu’est-ce que la tolérance? c’est l’apanage de l’humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature. […]

Il est clair que tout particulier qui persécute un homme, son frère, parce qu’il n’est pas de son opinion, est un monstre.

http://www.voltaire-integral.com/Html/20/tolerance.htm

HISTOIRE

Si on ne rendait pas cette connaissance familière aux jeunes gens, s’il n’y avait qu’un petit nombre de savants instruits de ces faits, le public serait aussi imbécile qu’il l’était du temps de Grégoire VII. […]

Anéantissez l’étude de l’histoire, vous verrez peut-être des Saint-Barthélemy en France, et des Cromwell en Angleterre.

http://www.voltaire-integral.com/Html/19/histoire.htm

PATRIE

Il est triste que souvent pour être bon patriote on soit l'ennemi du reste des hommes. [...] Celui qui voudrait que sa patrie ne fût jamais ni plus grande, ni plus petite, ni plus riche, ni plus pauvre, serait le citoyen de l'univers. http://fr.wikiquote.org/wiki/Voltaire

VIDEOS

Voltaire à Ferney (première partie)

Par ALEXDECOTTE

Neuf minutes, sur Youtube.

Voltaire à Ferney (deuxième partie)

Par ALEXDECOTTE 

Sept minutes, sur Youtube.

L’AFFAIRE CALAS

Film sorti sur ARTE
Toulouse, 13 octobre 1761. Marc-Antoine Calas, fils d'un drapier protestant, est découvert mort dans le magasin familial. Accusé de l'avoir assassiné pour empêcher sa conversion au catholicisme, son père est condamné à mort, avant d'être roué, étranglé et brûlé en place publique. Une injustice contre laquelle s'élève Voltaire, avec la complicité de sa jeune pupille, Marie Corneille. Inlassable avocat de la famille Calas, le philosophe des Lumières prend alors l'Europe à témoin, mobilise l'opinion publique et après un combat acharné, finit par obtenir la réhabilitation du martyr et l'indemnisation de sa famille...
Le film mêle les genres avec virtuosité, pour mettre en scène un irrésistible Voltaire, à la mine gourmande sous les traits de Claude Rich. Dans son château de Ferney, le vieux séducteur n'a rien perdu de sa verve, ni de sa malice.  Entrepreneur aux succès incertains, Voltaire se montre d'abord plus occupé à élever ses vers à soie pour fabriquer des bas et à veiller sur son cher atelier de montres qu'à défendre les Calas. Et c'est à travers Marie Corneille, son impertinente pupille qui le charme, qu'il se rallie à leur cause. Le philosophe déploie alors un torrent d'énergie pour dénoncer l'injustice et fustiger l'obscurantisme. Dans un combat aux résonances contemporaines, l'agitateur transforme Ferney en quartier général de la mobilisation, inonde l'Europe de courriers, avant de publier, sous un pseudonyme, un Traité sur la tolérance.

Une lutte de trois ans qui verra émerger l'opinion publique et la morale civique. Pour la première fois, en 1765, la justice royale est contrainte de se déjuger...


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