Histoire du Genevois

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27 sept. 09

Les Chautemps de Valleiry (74)


 

Les Chautemps pourraient venir  de Chevrier. Certes, en 1326-1330 ils ne s'y trouvent pas. Mais en 1447 je trouve dans les archives un Rolet Chautemps marié à Jaquemette Pasteur. Un autre Rolet (ou le même ?) est dit fils de Jean. Ce pourrait être une famille un peu aisée car elle semble avoir des liens avec les Guillend, petits notables originaires du Vuache et établis à Genève.

En consultant le site de Gérard Laurans sur Valleiry j'apprends qu'en 1448 une famille Chautemps dont l'un des membres est cordonnier s'établit à Genève et en reçoit la bourgeoisie. A Genève en 1524 se trouve un Jehan Chautemps sur qui nous avons beaucoup d'informations (cf site de G L). A la même date il y a aussi un Jehan Chautemps escoffier. Il y a-t-il une parenté entre les Chautemps de Chevrier et ceux de Genève ? Pas certain. Cela reste à démontrer.

Revenons aux Chautemps du Vuache. Au XVIe siècle, ils habitent Chevrier.


En 1561, dans les comptes de la gabelle du sel, on voit un Pierre Chautemps fils de Jean, époux de Bernarde. Ils ont pour enfants Pernette, Jehanne, Clauda, Jehan l'aîné et Jehan le jeune. En 1570-1574 un Pierre Chautemps prend à ferme la collecte de la dîme de Chevrier. En  1588 on parle des soeurs de Jacques Chautemps. En 1584 et 1587 vit un Jehan fils de Pierre. En 1606 Louis et Martin feu Jacques Chautemps possèdent des terres à Chevrier.

Ensuite, ils passent à Vulbens.


Vers 1640-1650 naît à Vulbens un Pierre Chautemps (1640-1703) fils de Louis, marié à Claudine Gay, qui s'établira à Valleiry et deviendra fermier des seigneurs locaux.

Il a pour fils Marc (1683-1748) époux de Josephte Mestral. Il est fermier des Hospitaliers pour leurs biens de Cologny (Bans) et habite Faramaz.

Marc et sa femme ont pour fils François (1711-1787) qui vit à Vulbens et épouse Josephte Gay. François a pour frère Claude-Joseph (1708-1757), ancêtre de la famille des parlementaires, qui épouse vers 1734 Françon Thorel, veuve d'un autre frère mort jeune.

Claude-Joseph et Françon ont pour fils Marin Chautemps (1735-1784) qui épouse Louise Dunand en 1760.

Marin et Louise ont pour fils Claude Sébastien Chautemps (1767-1841), mari de Marie Cudet.

Claude Sébastien et Marie ont pour fils François Marie Chautemps (1797-1836), mari de Louise Mermier.

François Marie et Louise ont pour fils : Marie ou Jean-Marie ou Marie-Claude-François ?


CHAUTEMPS (1821-1910), époux de  Rosalie Dusonchet. Est-ce lui le maire de Valleiry au XIXe s. ?

Dans son livre de 1908, A. Gaucher en parle ainsi :
Il y a cinquante ans, Jean Marie Chautemps ne possédait pas encore la ferme longue et basse. Il était métayer du baron de Viry.
Valleiry avait alors l'aspect suivant :  c'était une agglomération de petites fermes dont les toits comme d'énormes coiffes de chaume semblaient écraser les murs bas. Tout y grouillait : bêtes et gens. Les chambres donnaient sur l'étable. Les granges et le pressoir débordaient sur l'habitation. On mangeait de la tomme ou du matefan, on buvait du vin blanc des Bauges. Le soir il y avait de longues veillées. De plantureux vergers entouraient le village, au-delà des champs.En général le paysan savoyard était illetré et ivrogne. Il y avait des beuveries l'hiver dans les cabarets. De longs bancs de sapin étaient rangés autour des tables basses où les tranches d'épais fromage s'arrosaient avec de grandes rasades de vin clairet (petit vin pétillant).
Jean Marie portait une grosse casquette fourrée, des bottes en hiver, une blouse de toile bleue. Le dimanche, il mettait une blouse de cérémonie. Celle-ci avait auprès du col et des manches de petits plis empesés et il la serrait à la taille. Deux fois par an, le jour de Pâques et le 15 août il sortait du fond d'une armoire la redingote de son mariage.
Il était relativement instruit. Le gentilhomme lui emprunta et lui hypothéca sa ferme. Sur ses douze enfants, il lui en restait sept dont cinq garçons : Louis qui resta au village, Alphonse (fonctionnaire ?), François, Léon, Emile.

 

François, Émile CHAUTEMPS, né en 1850 à Valleiry, mort en 1918 à Paris.
Fils de Jean-Marie et Rosalie Dusonchet et frère d’Alphonse.
Député de la Seine de 1889 à 1897
Député de la Haute-Savoie de 1897 à 1905
Sénateur de la Haute-Savoie de 1905 à 1918
Ministre de Colonies du 26 janvier au 1er novembre 1895
Ministre de la Marine du 9 au 13 juin 1914
Docteur en médecine à Paris. Candidat républicain radical socialiste aux élections de 1889, il mit en tête de son programme : la révision de la Constitution par une Assemblée Constituante ; la suppression du Sénat et de la Présidence de la République ; la liberté de la presse, de réunion et d’association garantie par la Constitution ; la suppression du budget des cultes, la justice gratuite, la magistrature élective ; le droit de l’enfant à l’instruction intégrale (laïque et gratuite ) ; le service militaire obligatoire pour tous ; la substitution progressive des milices nationales aux armées permanentes etc.
En matière économique, il réclamait la suppression des octrois et des taxes,
l’impôt sur le revenu; la création d’une caisse de retraite pour les vieillards et les invalides etc.
A voté en faveur de la loi sur le droit d’association. Au Sénat, il était inscrit au groupe de la gauche démocratique.
Epouse Blanche Chevallier. Il était le père de Henry, Maurice, Félix et Camille Chautemps.


Félix CHAUTEMPS
Né en 1877, décédé en 1915. Fils de François Emile.
Député de Savoie de 1906 à 1914. Avocat à la Cour d'Appel de Paris.


Alphonse CHAUTEMPS, Valleiry 1860 ; Saint-Jean-Saint-Germain 1944
Fils de Jean-Marie, frère de François Emile.
Député d’Indre et Loire : 1902 - 1906 ; 1906 - 1910 ; 1910 - 1914 ; 1914 - /1919
Sénateur d’Indre et Loire de 1920 à 1941
Vote les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940.

 

Camille CHAUTEMPS, Paris 1885 ; Washington 1963
Fils de François Emile et frère de Félix.
Maire de Tours de 1919 à 1925.
Député d’Indre et Loire : 1919 - 1924 Parti radical et radical socialiste ; 1924 - 1928 Radical et radical-socialiste
Député du Loir-et-Cher en 1929 - 1932 comme républicain radical et radical-socialiste et en 1932 - 1935 comme républicain radical et radical-socialiste
Sénateur de 1934 à 1941
Ministre de l’Intérieur : 1924-1925
Ministre de la Justice : octobre – novembre 1925
Ministre de l’Intérieur : 1925-1926
Chef de gouvernement en février 1930
Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts de décembre 1930 à janvier 1931
Ministre de l’Intérieur 1932-1933

Chef du gouvernement nov. 1933 à janvier 1934. C'est à ce moment qu'éclate l'affaire Stavisky, un escroc lié à certains hommes politiques. L'extrême-droite en profite pour dénoncer le régime. "Philippe Henriot, dont le talent d'orateur a fait merveille au temps du Cartel (...) harcèle le gouvernement que préside le radical Camille Chautemps, plus habile à nouer une intrigre parlementaire qu'à apaiser un phénomène d'opinion. Noitoirement membre de la franc-maçonnerie dont il est un haut dignitaire, il prête le flanc à la polémique de la droite (...). Maladroitement Chautemps s'entête à refuser la constitution, réclamée à cor et à cris par la droite, d'une commission d'enquête parlementaire. Le 27 janvier il est obligé de démissionner."

René Rémond, Notre siècle, Histoire de France, Livre de Poche, p. 141.
Ministre d’Etat de Léon Blum (juin 1936 – juin 1937)
Chef du gouvernement de juin 1937 à janvier 1938. Il se retire peu avant l'Anschluss
(annexion de l'Autriche par l'Allemagne hitlérienne au début mars). A ce propos, les historiens S. Bernstein et P. Milza ont un jugement sévère : "le second gouvernement Chautemps, faible et sans le moindre prestige, paraît bien incapable de prendre la moindre décision" (Hist de la F au XXe s, éd. Complexe, p. 274). Il semblerait même qu'il y ait eu des contacts entre Chautemps et les dirigeants allemands).

Vice-président du Conseil du gouvernement Daladier (10 avril 1938). A partir de 1938, il procède à la nationalisation des chemins de fer et à la création de la SNCF. Toujours d'après Bernstein et Milza (p. 290), au printemps 1939 Chautemps serait favorable à un rapprochement avec l'Italie.

Vice-président du Conseil de Paul Reynaud (21 mars 1940).

Vice-président du gouvernement Pétain du 16 juin 1940.

Pacifiste, il plaide pour la négociation avec Mussolini et Hitler.  Mais encore trop républicain et franc-maçon pour Vichy, il s’exile aux Etats-Unis où il meurt. Père de quatre enfants.


Jean-Louis CHAUTEMPS, Musicien, compositeur de jazz, "saxophilosophe", fondateur du groupe Rhizome. Il paraît que c'est à ses "Chautanettes" que Claude François emprunta l'idée des Claudettes.

Grand lecteur de Nietzsche, Mallarmé, Derrida. Rédacteur en chef des Cahiers du Jazz.
(Article de Serge Loupien, Libération 01 mars 2006).

Voir aussi Jazzman, n° 99, février 2004.


LIENS

Valleiry et les Chautemps : http://gerard.laurans.free.fr/html/les_chautemps.html. Ce site m'a aidé à compléter mes informations généalogiques.

Camille Chautemps : http://www.senat.fr/grp/rdse/page/senateurs/hist/Chautemps.html

J-L Chautemps : http://www.musiquefrancaise.net/A_Echo_Presse/036b_PR.html

J-L Chautemps : http://acatte.club.fr/Jazz_Michel_Portal3.htm

Disques J-L Chautemps : http://www3.fnac.com/item/author.do?category=audio&id=9762

 


Commentaires

    Marie Chautemps

    Le Jean Marie Chautemps (1821_1910) que vous évoquez sur le site se faisait appeler communément Marie Chautemps.
    Malgré les assertions de Monsieur Gaucher, célèbre polémiste du début du XX ème siècle, je n'ai pas pu prouver qu'il fut métayer du comte de Viry. Personnellement je me méfie des écrits de Gaucher qui n'a sans doute jamais mis les pieds à Valleiry pour enquêter sur place.
    En réalité au décès de son grand père Claude, Marie a repris la ferme de celui-ci (environ 29 ha). C'était un fermier aisé et progressiste, vulgarisateur des idées nouvelles, membre du comice agricole de St Julien, co-fondateur de la fruitière de Valleiry, et finalement récompensé par le mérite agricole (qu'il voulu refuser car un de ses fils était alors ministre). Il avait également une activité commerciale.
    Il fut élu de Valleiry : "Déjà syndic de 1847 à 1856, il devient maire le 7 mai 1871 et le restera jusqu'à son décès le 8 mars 1910.
    Finalement il aura été conseiller municipal pendant 63 ans et maire ou syndic pendant 48 ans !". Ses fils Louis, puis François lui succéderont comme maires jusqu'à la seconde guerre mondiale.

    Si je dispose de toutes ces informations c'est que je travaille à un ouvrage sur les "ancêtres Chautemps". Je suis évidemment preneur de toutes les informations qui concernent cette famille.
    Cordialement

    Jean Sartre

    Posté par sartre, 24 nov. 09 à 17:08

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