Histoire du Genevois

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28 janv. 13

Paul Dufournet, érudit

 

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Paul Dufournet, mort en janvier 1994 à l’âge de 89 ans, apporta beaucoup à l’histoire de la Savoie.

Il fut architecte, urbaniste, inspecteur général de la Construction, professeur d'urbanisme et de planification territoriale, conservateur de l'Académie d'architecture. Il obtint un doctorat de géographie historique et un doctorat d'Etat es lettres. Ethnographe il étudia le floklore et noua une amitié avec Arnold Van Gennep. Il se pencha sur l'archéologie préhistorique et romaine et apporta beaucoup à la connaissance du passé de la Semine et de Seyssel.

 

Il s’intéressait à l’histoire de la Savoie. Il était le neveu d’un historien de Seyssel. Je me souviens l’avoir entendu raconter comment avant-guerre avec son oncle, il avait rendu visite à l’abbé Descombes, grand spécialiste un peu "fada"de sainte Victoire du Vuache, passionné par son sujet et qui voulait absolument les enrôler dans sa petite académie.

 

Par son métier, P. Dufournet était porté à lire, faire toutes sortes de cartes, plans etc. Cela le conduisit à étudier l’organisation du terroir en Semine. I

ll travailla avec d’autres chercheurs : Pierre Broise (archéologue), François Burdeyron, historien de Clarafond, d’Arcine et environs, Marius Fillion, paysan passionné d’archéologie et d’histoire, grand découvreur de sites anciens et fondateur du musée paysan d’Eloise actuellement en cours de rénovation.

P. Dufournet fit des recherches pour retrouver le célèbre port antique de Condate, sur le Rhône, à deux km en aval de Seyssel. Avec Marius Fillion il fit des recherches sur les ponts et passages du Rhône entre le Pas-de-l’Ecluse et Yenne. Il sillonna la Semine pour y découvrir les pierres à cupules, villae romaines et autres ruines.

 

C’est essentiellement comme spécialiste du cadastre savoyard de 1730 qu’il s’imposa. Il mit au point une méthode pour remonter le temps et approfondir la connaissance de l’archéologie du sol, de l’histoire agraire et dégager les éléments formateurs du paysage humanisé. Il mit au point cette méthode sur sa commune de Bassy. Son livre («Pour une archéologie du paysage») est incontournable pour tout historien local en Savoie.

 

Il collectionna aussi toutes sortes d’objets traditionnels, à l’époque où ceux-ci encore présents dans plusieurs fermes commençaient à disparaître (voir son livre illustré sur l’art populaire en Savoie). Ceux qui écrivent sur ce sujet lui doivent beaucoup.

 

P. Dufournet était toujours disposé à recevoir d’autres chercheurs et discuter avec eux. Il était ouvert à la discussion, aux opinions des autres et pratiquait une grande prudence méthodologique.

Je l’entend encore dire : «Attention, méfiez-vous des toponymes, leur interprétation est très ardue; beaucoup de spécialistes ont leur marotte. Un tel voit partout des racines gauloises, un autre leur préfère une étymologie burgonde etc. Il ne faut pas les suivre aveuglément.»

Voir la note de lecture que rédigea Georges Duby à propos de son livre sur Bassy, parue dans Annales Histoire, Sciences Sociales 1980 Volume  35 n° 6 pp. 1281-1282
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ttp://www.persee.fr/showPage.do?urn=ahess_0395-2649_1980_num_35_6_282702_t1_1281_0000_000

Voir aussi Le Bugey n°88, 2001, l'article de J.-P. Fillion et R. Villain.

Et dans la Revue savoisienne 1996, l'article de M.C. Rayssac.


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